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Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

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Topclaas
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par Topclaas » 30 janv. 2017, 10:34

Pour l'agronomie, il est mieux pour vous de laisser les pailles en les broyant ou de les exporter ?

alexfendt-62
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par alexfendt-62 » 30 janv. 2017, 11:59

François 31
En laissant les pailles sur pied un certain temps, une dégradation par les UV du soleil pourrait accélérer leur dégradation.
Un passage de topdown avec les disques bien réglés pourrait couper la végétation?

Le stripper passe bien apparemment dans les culture couchées
https://www.youtube.com/watch?v=nppu5OfjisQ
Vario, c'est Fendt, tout le reste n'est que C.V.T......

BAM14
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par BAM14 » 31 janv. 2017, 13:50

Merci pour ce reportage très intéressant!
Sinon, pour pallier à votre problème de broyage: étant donné que la profondeur des ornières doit varier en permanence, il faudrait plutôt que vous puissiez déporter l'andain à droite ou à gauche, pour qu'il arrive par exemple dans l'axe du diviseur de la barre de coupe?
Vente balles rondes, rectangulaires, fumier, ensilage de mais ,bâtiments...
Voici l'adresse de notre blog: http://bam14.skyrock.com
Page facebook: http://www.facebook.com/pages/Bam14/188779914595136

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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par Cleveland » 31 janv. 2017, 18:15

Pour la question du broyage des pailles, le rouleau Faca serait peut-être une solution?

hurlimann
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par hurlimann » 31 janv. 2017, 19:09

alexfendt-62 a écrit :François 31
En laissant les pailles sur pied un certain temps, une dégradation par les UV du soleil pourrait accélérer leur dégradation.
Un passage de topdown avec les disques bien réglés pourrait couper la végétation?

Le stripper passe bien apparemment dans les culture couchées
Ce qui dégrade les pailles,c'est surtout les champignons,mais avec le chamboulement de terrain pour aplanir les parcelles,le sol s'est retrouvé sans dessus-dessous,et je ne sais pas comment réagit et fonctionne la faune d'une rizière??
Demolition and earth moving forever,tttooouuu!!!

Pierre51
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par Pierre51 » 31 janv. 2017, 21:22

fdt860 a écrit :Aux US, il font un gros raccourci / simplification, en brulant la paille, tout comme en chine, d'apres ce qu'on m'a dit.
Le brayage est sans doute bien mieux agronomiquement.
A la fin, la solution top du top serait un stripper "custom" avec broyeur sous coupe "BSC". Ca ca marcherait bien dans le riz sans user la machine.
Sinon, pour questions de performances, evidememnt, la machine va plus vite avec le stripper tout en risquant moins de perdre du grain au rotor.
Il me semble que l'ecobuage est maintenant interdit en chine à cause de la pollution atmosphérique.

Reportage très intéressant !

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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par François31 » 07 mai 2017, 19:07

RV4444 a écrit :Je viens de découvrir ce sujet que j'ai parcouru très rapidement mais je vais le lire avec intérêt. :studieux:

Pour éviter l'enlisement des tracteurs cette solution de jumelage a-t-elle été essayée ?
Notre hélicoptère étant en révision pour quelques jours, nous avons une nouvelle fois essayé d'épandre de l'engrais sur des parcelles cultivées depuis 6 campagnes avec un tracteur léger de 140 ch et un jumelage des roues fer à l'avant et à l'arrière. Impossible de faire plus de 5 ha sans un plantage. 2 tracteurs pour le sortir ! Donc définitivement nos conditions ne sont pas adaptées aux roues fer (nappe à 1,5 m).
L'Afrique de l'ouest doit pouvoir disposer de formations professionnelles efficaces et de politiques agricoles adaptées pour mettre en valeur son immense potentiel agricole.
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par François31 » 07 mai 2017, 19:54

En attendant la prochaine moisson qui devrait débuter vers le 10 juin, voici un petit aperçu des travaux d'aménagement de nos parcelles de 5 ha. La première phase du nivèlement des parcelles est réalisée avec des scrapers. L'objectif est de décaper la terre des points haut de la parcelle, avant de la transporter vers les points les plus bas, jusqu'à obtenir un terrain nivelé avec une tolérance d'environ + ou - 5 cm. Cette opération est effectuée avec nos 2 tracteurs JD 9560 R de 560 ch.
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Chacun tractent 2 scrapers Deere 1810 E d'une capacité unitaire de 20 m3, soit environ 25 t de charge utile. La lame du premier scraper est abaissée pour décaper la terre sur 5 à 10 cm d'épaisseur. Une fois le box plein, la lame est relevée et en parallèle la lame du deuxième scraper est abaissée pour procéder à son chargement.
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Une fois les 2 scrapers chargés, le tracteur se déplace à une vitesse d'environ 10 km/h vers un point bas de la parcelle où il procède au déchargement par l'arrière des box.
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Il revient alors vers le point haut à une vitesse de 10 à 15 km/h pour un nouveau chargement. Cet ensemble est en mesure de déplacer environ 1500 m3/jour et plus de 2000 m3/jour si les scrapers sont équipés de guidage laser.

Avec un atelier comprenant 2 scrapers en tandem et 2 lames équipées d'un guidage laser tractées par des tracteurs de 290 ch, nous avons à ce jour aménagé près de 1 400 ha.
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par hurlimann » 07 mai 2017, 20:13

Comment déterminer vous les points bas à rehausser?? avec une cartographie de la parcelle??
Demolition and earth moving forever,tttooouuu!!!

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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par Max956XL » 07 mai 2017, 22:37

Superbe reportage, très intéressant !
Concernant tes MB, renseigne toi également pour un Massey Ferguson/Laverda, qui ont des machines prévues pour le riz. Et à voir mais peut-être possibilité d'avoir une coupe à tapis équipée pour le riz également.
Concernant les pneumatiques, rapproche toi d'un manufacturier comme Michelin qui doit avoir des renseignements à t'apporter.

Bon courage dans votre projet,

Maxime

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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par François31 » 27 août 2017, 14:47

hurlimann a écrit :Comment déterminer vous les points bas à rehausser?? avec une cartographie de la parcelle??
Les points haut et bas sont effectivement déterminés par un relevé topographique et une cartographie de la parcelle. Cela permet de connaitre le volume de terre à déplacer par parcelle de 5 ha. S'il est trop important, il nous arrive de diviser la parcelle en 2. Cet cartographie permet aussi d'orienter le travail des conducteurs des scrapers. La finition s'effectue avec une lame guidée par laser.

La cartographie nous permet également de déterminer les côtes des parcelles afin de définir les côtes des réseaux d'irrigation et de drainage.

Les parcelles les plus éloignées sont à près de 10 km de la source. Aussi, ces côtes doivent être déterminées au cm près. Ceci est d'autant plus important que 80 % de l'exploitation est irrigable en gravitaire sans pompage. Le barrage de Diama est géré afin d'obtenir un plan d'eau en amont sur plus de 100 km à une côte constante de 2,00 m NGS (NGN). La côte de nos parcelles varient entre 0,50 et 2,00 m. La pente des canaux est déterminée avec des pentes variants entre 1 et 10 cm par km.

Les parcelles les plus éloignées sont également à près de 10 km du point de rejet des eaux de drainage dans l’Émissaire de drainage du Delta (un collecteur de drains d'environ 40 km de long et 30 m de large qui récupère une partie des eaux de drainage des périmètres rizicoles du moyen et du bas delta du Sénégal). Au niveau de notre exploitation, la lame d'eau de l’Émissaire a une côte qui varie entre 1,20 et 1,70 m NGS. Au point d'exhaure, la côte du plafond de notre réseau de drainage étant de -2,10 m, pour drainer l'ensemble de nos périmètres et ceux des exploitants riverains (4 800 ha au total) nous avons prévu une station d'exhaure d'une capacité de 8 m3/s pour une hauteur manométrique de 4 m.

En juillet et aout 2017, après avoir récolté environ 1000 ha, nous avons mis en culture un peu plus de 1 500 ha. Nous continuons à aménager des parcelles à un rythme d'environ 100 ha par mois (sauf en pleine saison des pluies en aout et septembre). Notre objectif est de mettre en culture un peu plus de 2000 ha en février 2018.
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par François31 » 27 août 2017, 18:03

Depuis notre première campagne sur 50 ha en 2014, nous étions contraint de récolter avec une CTS (1996, aujourd'hui HS) et deux C670 d'occasion (2004) qui ont connue et connaissent encore de nombreuses pannes. Lorsque l'on sait qu'il faut un minimum de 2 mois pour faire venir d'Europe des pièces de rechange c'est un vrai soucis. Nous avons bien un stock de pièces conséquent, mais en cas de grosses pannes (pompe hydraulique, rotor, ...) il manque toujours la bonne pièce.

Je ne reviendrai pas sur le choix de la Lexion 760 équipée de chenilles fer et d'une barre de coupe de 7,50 m. La mission d'étude effectuée en Camargue en octobre 2016 avait confirmé la pertinence de ce choix : machine adaptée aux pailles vertes (arrêt 30 mn plus tard le soir vs JD S), fiable, broyeur à paille performant, consommation de gasoil inférieure aux JD S, représentation au Sénégal avec un technicien formé par Class et disposant d'une valise (aucun concessionnaire ne dispose de pièces de rechanges), mise en service par un technicien usine (nous prévoyons l'achat d'une machine par an), ...

La Lexion a donc assuré sa première campagne entre le 7 juin et le 10 aout. En débutant la journée entre 9 h et 9 h 30 le matin et l'achevant vers 20 h, la surface récoltée est de l'ordre de 15 ha (rendements 4 à 7 t/ha). Cependant, nous avons tout de même connus plusieurs arrêts à cause d'un cache manquant de protection d'un roulement de la rotule d'action de la barre de coupe et la casse d'un roulement sur la machine. Elle a été immobilisée près d'une semaine (stock de pièces de rechange arrivée tardivement).

Une des deux C670, entièrement reconditionnée en inter-campagne, a également bien travaillée avec des pointes à 15 ha jour. L'autre C670 a été continuellement en panne. Nous devons à nouveau prévoir l'achat d'un lot important de pièces de rechange pour les réparations : coupe, rotor, ...

Voici quelques photos de la Lexion.
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par mistralfendt » 30 août 2017, 22:09

Bonjour François31,

merci de continuer à alimenter ton sujet qui je rappelle est très intéressant !
Belle machine ! par contre avec le nombre d'heure qu'elle tourne par jour , elle ne fait pas plus de 15 ha ?!
Du coup cela m’amène à te demander à quel vitesse évolue la machine dans le champs pour avoir un si faible débit de chantier ?

En tout cas, en voyant les déboires que tu as eu avec ton matériel , je m'aperçois que ce n'est pas une culture à prendre à la légère et que tout doit être bien étudié !
De plus tu as le soucis de l'approvisionnement des pièces qui doit vraiment être un gros frein sur ton exploitation !

Sinon tu parles en rendement de 4 à 7t/ha , juste pour me donner une idée , quel est le rendement moyen de cette plante dans ton coin ?

Cordialement.

Mistralfendt.
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François31
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par François31 » 28 nov. 2020, 19:43

A. LA PLUS GRANDE ENTREPRISE RIZICOLE D'AFRIQUE DE L'OUEST FRANCOPHONE

Après près de 4 ans d'absence sur ce forum, je vais tenter de rattraper le retard.

La Compagnie Agricole de Saint-Louis (CASL), créée par des entrepreneurs et des investisseurs français, s'est implantée dans un bassin inexploité d'environ 6 000 ha dans le bas delta.
Cette zone de terres saudiques (jusqu'à 60 % de la CEC saturée en sodium) ne disposait ni de canaux d'irrigation, ni de drains de dessalement. Du fait d'un climat sahélien (200 mm/an), et de la présence d'une nappe phréatique salée (70 g/l de sel) elle était en voie de désertification.

Les chefs de villages et les populations ont acceptés de céder à l'entreprise environ 50 % des terres disponibles et inexploitées en échange d'un accès aux canaux d'irrigation et aux réseaux de drainage.
Aujourd'hui, la CASL dispose de 2 700 ha de rizières permettant de réaliser 2 cultures par an. Des exploitants riverains ont également aménagés environ 1 500 ha de rizières. Des espace sont encore disponibles pour de nouveaux exploitants.

La société dispose également d'un site industriel :
- 20 000 t de silos métallique pour le stockage du riz paddy ;
- 1 rizerie de marque Buhler d'une capacité théorique de 8 t/h, soit environ 50 000 t/an de riz paddy.

Les aménagements hydro-agricole, les ouvrages hydrauliques, les bâtiments et les fondations des silos ont été conçus et réalisés par un des départements de l'entreprise.

Elle contractualise également avec une centaine de riziculteurs dans le delta du fleuve Sénégal.

L'exploitation a commencé en février 2014 avec 54 ha.
De 2014 à 2016, les semis, épandage d'urée et les herbicides étaient appliqués soit manuellement, soit par tracteur avec les roues dégonflés pour passer dans la lame d'eau.
Cette dernière technique engendrait des pertes importantes par brassage du sel.
De 2016 à 2019, les épandages ont été réalisés par hélicoptère. La qualité d'épandage était bien meilleure, bien qu'en l'absence de solution de guidage précise, des bandes enherbées apparaissaient parfois dans les parcelles. Le Bell 47 est cependant une machine fragile. Les nombreuses pannes engendrées des arrêts et des retards dans les épandages. Un mécanicien devait à chaque panne ou entretien des 200 h venir de France.
En 2020, les épandages sont réalisés par avion. Le cout est similaire, voir un peu supérieur à l'hélicoptère (25 000 F/ha/passage). La qualité d'épandage est optimum. Les pannes sont rare. 2 pistes ont du être aménagées sur l'exploitation. Cependant 15 % des intrants sont perdus sur les pistes et dans les canaux et les pistes ne sont pas toujours praticables en saison des pluies.

Le débit en épandage aérien est de l'ordre de 25 ha/h pour les semis (100 kg/ha), 35 ha/h pour les épandages d'engrais (100 kg/ha) et 50 h/h pour les phytos (25 l/ha). La consommation d'essence aviation est de 60 à 65 l/h. La règlementation aérienne ne permet pas au pilote d'effectuer plus de 20 h par semaine.

Voici quelques photos prises entre 2016 et 2018
Épandages à l'hélicoptère
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La récolte
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Le matériel du département aménagements
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Le site industriel
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Le décortiqueur
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Les 2 blanchisseurs
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Le trieur optique
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Le riz commercialisé sous la marque 'Royal Sénégal'
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Cependant la riziculture n'est pas rentable au Sénégal. L'ensemble des riziculteurs, petits ou grands, souffre d'un manque de compétitivité de la filière.
Cette situation s'est aggravée au cours des 10 dernières années.

La société perd de l'argent chaque année depuis sa création.
Les actionnaires sont contraints de la recapitalisée chaque année.

Je vais, au cours des prochaines publications, décrire les problématiques de la filière rizicole au Sénégal et en Afrique de l'Ouest, fortement concurrencée par la brisure de riz importée principalement d'Asie...
Fichiers joints
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par mistralfendt » 28 nov. 2020, 21:34

Bonsoir François,

je suis ravi de te revoir ici sur le forum et dans ton reportage :like: .

J'apprécie vraiment la façon dont tu nous expliques tout cela ( chiffres ,photos , explications , problématiques etc ...) et rend ton reportage très intéressant !

Je ne peux que t'encourager à continuer de nous partager ton expérience sur cette culture et cette exploitation ;) .

Bon courage pour la suite car j'ai bien compris que vous en aviez bien besoin la bas ... les temps sont durs et pas qu'en France j'ai l'impression, avec des problématiques différentes mais bien présentes.

Au plaisir de te relire sur le forum :coucou:

Mistralfendt.

N.B: pour les personnes qui n'ont pas vu ton offre d'emploie, je met un lien ici ;) => Création entreprise agro-industrielle Sénégal
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par François31 » 28 nov. 2020, 22:08

B. LES FACTEURS IMPACTANT LE RENDEMENT

Le Ministère de l'Agriculture annonce très régulièrement des rendements dépassant 6 t/ha dans le delta et la vallée du fleuve Sénégal.
La situation est bien différente.

La salinité des sols

Tout d'abord, comme nous l'avons vu dans le post précédent, la CASL est implantée sur un bassin salée. Les nouveaux aménagements, avant la première mise en culture, présentent le plus souvent des conductivités supérieures à 20 ms/cm.
Les premières années d'exploitation, pour les parcelles présentant une conductivité > 6 mS/cm, les rendements sont impactés par la salinité des sols et de la lame d'eau.
Même avec une irrigation et un drainage continue, il est difficile d'obtenir de bons rendements.
Les quantités de sel retirés à chaque campagne par les eaux de drainage ont été évaluées à environ 18 t de sel / ha / campagne.
Ce sel est rejeté dans l'estuaire du fleuve Sénégal, via l'émissaire de drainage (ouvrage public mise en service en décembre 2015).
La station de drainage d'une capacité d'environ 27 000 m3/h permet également de rabattre la nappe phréatique.
Celle-ci, située en moyenne à 1 m de la surface est rabattue au minimum à 1,50 m afin de limiter les remontés de sel par capillarité.

Aujourd'hui, encore environ 250 ha présente une conductivité supérieure à 6 mS/cm, avec un potentiel de rendement limité à 4 t/ha. Les autres rizières sont considérées comme dessalées.
Même sur les parcelles dessalées, la conduite de l'irrigation et du drainage implique une attention permanente.
Par exemple, entre 2 campagnes, de novembre à janvier, la conductivité peut remonter significativement en l'absence d'irrigation.
Une irrigation en inter-campagne permet donc de limiter les remontées de sel et de réaliser un faux semis permettant de réduire le stock de graines, notamment de riz rouge (riz sauvage).

Les manges-mil ou Quelea Quelea
Les manges-mil sont des petits passereau, l'oiseau probablement le plus représenté au monde avec une population estimée à plus de 1,5 milliards d’individués (Wikipédia). Il vit en colonies très denses, comme les étourneaux en Europe, sur toute la bande salienne et sur la corne de l'Afrique de l'Est. Les dégâts causées sur les céréales (riz, mil, sorgho, ...) peuvent être considérables.

Concernant la riziculture dans le delta du fleuve Sénégal et dans la moyenne vallée, ces oiseaux s'installent dans les typhas (sorte de roseaux) au bord du fleuve Sénégal, en dortoirs de plusieurs dizaines d'hectares. A proximité de la CASL, le fleuve Sénégal abrite plus de 13 000 ha de typhas, impraticable en pirogue. Ces oiseaux sont ainsi protégés de la présence humaine, disposent de matériaux de construction pour les nids (typha) et d'une source d'alimentation pratiquement toute l'année (2 cultures de riz + graminées sauvage en hivernage). Il n'existe pratiquement pas de prédateurs naturels. Les rapaces qui prélèvent quelques individus par jour ne peuvent contenir la croissance des populations.

Les pertes de rendements, depuis l’existence de la CASL, sont compris entre 15 et 35 % à chaque campagne.
Ces seules pertes, expliquent à elle seule l'absence de rentabilité de cette culture.

La CASL a depuis 2014, testé de nombreuses solutions alternatives figurant dans la littérature au quelle fait référence les environnementalistes, sans résultats :
- Enregistrements de bruits de rapaces, diffusés par véhicule dans les rizières ;
- Bazooka ;
- Cerfs-volants en forme de rapace ;
- Mission au Maroc pour rencontrer l'association des fauconniers ;
- Répulsifs à base d'ail et de piment pulvérisés sur les cultures ;
- Filets japonnais ;
- Surveillance des cultures avec une cinquantaine de chasseurs, utilisant plus de cartouche que l'armée sénégalaise et nécessitant la location d'une dizaine de pickups ;
- Survole des colonies avec un avion.

Aucune de ces solutions n'empêche les oiseaux de se déplacer sur les parcelles voisines et de continuer à causer des dégâts aux cultures en suçant les grains au stade laiteux ou pâteux et en faisant tomber au sol les grains matures pour mieux les saisir.

La seule solution efficace est donc l'utilisation d'un avicide,le Fenthion, un organophosphoré toxique qui devrait être inscrit en 2021 par la Convention de Rotterdam comme produit faisant l'interdiction d'un commerce international. Il pourrait être remplacé par le Cyanophos, un produit également toxique. Ces produits doivent être appliqués au levé ou au couché du soleil, lorsque les oiseaux ont rejoints les dortoirs.

Jusqu'à la fin des années 90, la FAO soutenait les États pour la lutte anti-acridienne et la lutte aviaire contre les mange-mils. Elle a entre autre fournit 1 avion à la Mauritanie et 2 avions au Sénégal pour les épandages aériens. Depuis, ces compétences ont été transférés aux États.

Cependant, la gestion public de la lutte contre se fléau se révèle très peu efficace :
- Les 2 avions sénégalais, qui affichent chacun 15 heurs de vols au compteur, sont des épaves cloués au sol depuis 20 ans. Les pilotes sont partis à la retraite.
- L'avion mauritanien est toujours opérationnel. Les interventions réalisés par l'armée sur les dortoirs interviennent entre 18 h 45 et 19 h, alors que le couché du soleil intervient vers 19 h 45. Les oiseaux s'envolent à l'approche de l'avion et ne sont pas impacté par l'avicide.
- La Direction de la Protection des Végétaux du Sénégal, chargé de la lutte aviaire, ne dispose plus de budget lutte aviaire depuis plus de 2 ans !

La CASL est donc contrainte de financer une bonne partie de la lutte aviaire en mettant à disposition un hélicoptère à la DPV. En 2020, elle a du prendre en charge l'acquisition du Fenthion. Les charges imputables à cette lutte aviaire s'élèvent à plus de 150 000 euros par an. Elle arrive cependant parfois à se faire rembourser quelques dizaines de milliers d'euros par l’État.

Cependant, ces interventions sont rarement réalisées au bon moment, pour des raisons de disponibilité du Fenthion ou de l'hélicoptère.

Concernant la campagne de saison sèche chaude 2020, une intervention était nécessaire dès le 20 mai. Cependant, du fait de l’impossibilité de faire venir le pilote et le mécanicien d'Europe, du fait de la nécessité de réaliser la maintenance de l'appareil puis d'obtenir toutes les autorisations de l'ANACIM, les interventions n'ont pu être réalisés que le 15 juillet. L'intervention sur 4 dortoirs et l’utilisation de 150 l de Fenthion, ont permis de pratiquement réduire à zéro l'impact des manges-mils dans le delta. En comparaison, les interventions terrestre de la DPV nécessite plus de 1000 l/an de Fenthion, pour une efficacité très limitée.

Malheureusement, l'intervention tardive a généré une perte de rendement de l'ordre de 30 %.
20200529_083818.jpg
20200529_084525.jpg
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Cette vidéo donne une vision de l'importance de populations de Queléa et des dégâts qu'ils peuvent causer :
https://www.youtube.com/watch?v=ey266dkWr2o

Cette intervention a cependant un effet positif sur la campagne d'hivernage en cours. La pression y est faible.

Les punaises du riz
Les punaises du riz causent des dégâts certaines années sur les cultures d'hivernage. Lorsque l'hivernage est pluvieux, les punaises se développement dans le delta et le diéri (étendues sableuses en bordure du delta). Après l'hivernage, lorsque la végétation herbacées sèche, les punaises migrent vers les cultures de riz, généralement en octobre, lorsque le riz est au stade laiteux. Des dizaines de millions de punaises par hectare s'abattent sur les rizières pour sucer les grains.

En hivernage 2016, cet insecte avait causé des dégâts sur les cultures.

Au cours de la campagne d'hivernage, les punaises se sont abattues sur les cultures par vols successifs durant toute le mois d'octobre. Les dégâts ont été considérables. Les producteurs qui n'ont pas appliqués un insecticide n'ont pratiquement rien récoltés (0,4 à 2 t/ha). La CASL qui n'a réalisé qu'un seul traitement insecticide sur 1 600 ha, par manque de disponibilité de l'avion, a un rendement de 3,5 t/ha. Les producteurs qui ont réalisés 2 ou 3 traitements espèrent récoltés 4 à 5 t/ha (récolte en cours).

Lorsque le riz était encore cultivé en Guyane, 2 traitements insecticides étaient nécessaires contre cet insecte.
Il existe peut-être des solutions alternatives, comme les pièges à phéromone.
Cependant, nous verrons dans un des prochains posts, que le manque de compétitivité de la filière et le manque de moyens et d'implications des centres de recherches agronomiques sur ces sujets, condamne la filière à court terme.
L'Afrique de l'ouest doit pouvoir disposer de formations professionnelles efficaces et de politiques agricoles adaptées pour mettre en valeur son immense potentiel agricole.
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Estéban2538
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par Estéban2538 » 17 déc. 2020, 11:55

C'est n'importe quoi d'utiliser un avicide pour faire crever les oiseaux. Nous en Camargue nous sommes embêter par les flamants roses espèce protégée et strictement interdit de les tuer. Seul l'effarouchement est autorisé et encore cette technique a ces limites. Cette technique dont vous utilisez est irrespectueuse de l'environnement et j'ai hâte qu'elle soit interdite. Vous détruisez la nature !! J'appelle pas sa de l'agriculture raisonnée.
Je suis conscient que ces oiseaux c'est une vrai plaît pour lutter contre mais il ne justifie en aucun cas de les tuer.
Nous les flamants roses on en tue un on va en tôle directe.
Ce n'est pas pour critiquer parce que je sais que le métier n'est pas facile mais il ne justifie en rien de tuer des oiseaux qui n'ont jamais rien demandé.
Votre projet est fantastique, je l'admire même, mais si c'est pour produire au détriment de la nature c'est pas la peine vous pouvez arrêter votre activité.
Quel herbicide utiliser vous pour traiter ?
Merci

claaslover
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par claaslover » 19 déc. 2020, 19:28

Estéban2538 a écrit :
17 déc. 2020, 11:55
C'est n'importe quoi d'utiliser un avicide pour faire crever les oiseaux. Nous en Camargue nous sommes embêter par les flamants roses espèce protégée et strictement interdit de les tuer. Seul l'effarouchement est autorisé et encore cette technique a ces limites. Cette technique dont vous utilisez est irrespectueuse de l'environnement et j'ai hâte qu'elle soit interdite. Vous détruisez la nature !! J'appelle pas sa de l'agriculture raisonnée.
Je suis conscient que ces oiseaux c'est une vrai plaît pour lutter contre mais il ne justifie en aucun cas de les tuer.
Nous les flamants roses on en tue un on va en tôle directe.
Ce n'est pas pour critiquer parce que je sais que le métier n'est pas facile mais il ne justifie en rien de tuer des oiseaux qui n'ont jamais rien demandé.
Votre projet est fantastique, je l'admire même, mais si c'est pour produire au détriment de la nature c'est pas la peine vous pouvez arrêter votre activité.
Quel herbicide utiliser vous pour traiter ?
Merci
Bon soir ou fête vou le riz dans la camargue sil vou plait ?
cordialement claaslover

François31
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par François31 » 17 janv. 2021, 18:31

Estéban2538 a écrit :
17 déc. 2020, 11:55
C'est n'importe quoi d'utiliser un avicide pour faire crever les oiseaux. Nous en Camargue nous sommes embêter par les flamants roses espèce protégée et strictement interdit de les tuer. Seul l'effarouchement est autorisé et encore cette technique a ces limites. Cette technique dont vous utilisez est irrespectueuse de l'environnement et j'ai hâte qu'elle soit interdite. Vous détruisez la nature !! J'appelle pas sa de l'agriculture raisonnée.
Je suis conscient que ces oiseaux c'est une vrai plaît pour lutter contre mais il ne justifie en aucun cas de les tuer.
Nous les flamants roses on en tue un on va en tôle directe.
Ce n'est pas pour critiquer parce que je sais que le métier n'est pas facile mais il ne justifie en rien de tuer des oiseaux qui n'ont jamais rien demandé.
Votre projet est fantastique, je l'admire même, mais si c'est pour produire au détriment de la nature c'est pas la peine vous pouvez arrêter votre activité.
Quel herbicide utiliser vous pour traiter ?
Merci
Bonjour,
Je comprends que l'utilisation d'avicide vous choque.
La question me semble t-il est, avons nous une autre solution efficace ? Et croyais moi ou pas, je n'ai pas ménagé mes efforts au cours des 6 dernières années pour trouver une ou des solutions alternatives plus respectueuse de l'environnement.

Tout d'abord, pour une meilleur compréhension, il me semble nécessaire de préciser le contexte spécifique de la riziculture au Sénégal et dans la bande sahélienne.
L'espèce d'oiseaux qui ravagent dans cette région les cultures de riz, de mil et de sorgho est le travailleur à bec rouge ou Quelea Quelea. Les Quelea ressemblent aux Étourneaux qui causent occasionnellement des dégâts sur les céréales en Europe. Comme l’Étourneau, le Quéléa vit en colonies très denses. Sauf qu'ici, il ne s'agit pas de colonies de milliers d'individus mais de dizaines ou de centaines de milliers d'individus. Plusieurs dizaines de colonies s'abattent sur nos cultures et celles des paysans voisins, à chaque campagne ! Sans interventions, les pertes de récolte atteignent couramment 50 % de la récolte pour les exploitations proches des dortoirs, situés le long du fleuve Sénégal et le plus souvent 10 à 30 % pour les autres exploitations du delta. En juillet 2020, un dortoir de 30 ha a été découvert dans le bas-delta. Imaginer, environ 30 millions d'individus ! Qui consomment chaque jour 20 g soit environ 600 t de riz paddy. Ce seul dortoir peut consommer 30 à 40 000 t de riz par campagne, soit 12 à 17 % des 240 000 t de potentiel de production dans le delta en Saison Sèche Chaude (40 000 ha x 6 t/ha). D'autre dortoirs, plus petits, étaient également présents dans le moyen et le haut delta....

Voir cet article de Wikipédia décrivant le travailleur à bec rouge :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Travaille ... _bec_rouge

Jusqu'en dans les années 90, la lutte aviaire et la lutte anti-acridienne, les 2 fléaux de la région, était assurée par la FAO. Depuis, cette compétence a été transmise aux États, qui disposent de peu de moyen.
La littérature mentionne diverses solutions alternatives aux avicides pour lutter contre les Quelea, sans toutefois en évaluer scientifiquement l'efficacité.
Nous les avons pratiquement toutes testées à grande échelle :

- Les canons à gaz ou bazooka
Nous en avons utilisé 70 les premières années, de différents modèles. Après 3 jours d'utilisation, les oiseaux comprennent que ces objets sont sans danger.

- Les sons de rapaces ou des cries de détresse des Quéléa diffusés dans les parcelles avec des véhicules
Essayer durant une campagne, inefficace. Les oiseaux s'éloignent de la bordure des parcelles (quelques dizaines de m) et poursuivent tranquillement leur alimentation à l'intérieur de la parcelle (5 ha en moyenne, 350 m de long).

- Les cerfs-volants en forme de rapace
Après 3 jours, les oiseaux se posent sur les perches auxquelles sont attachés les cerfs-volants.

- Les filets japonnais, blanc ou noir, tendus en bordure de parcelle
Lorsque les premiers individus se fond attrapés (quelques dizaines au plus), la colonie repère les filets et passe au dessus.

- L'utilisation de faucons
Pour étudier cette technique j'ai du me rendre au Maroc pour échanger avec les responsables d'une des associations de fauconniers. Ceux-ci m'ont vite découragé. Les foucons sont dressés pour attraper des gros oiseaux. Le poids de la proie les ramène au sol, permettant à son maitre de récupérer le rapace. Avec des petites proies, le rapace s’envolerait à plusieurs kilomètre et il serrait perdu pour son maître. De plus, vus le nombre de Quelea, il faudrait des centaines de faucons. Le Faucon crécerelle est un prédateur naturel du Quelea. Cependant il est très peu présent dans le delta et la vallée du fleuve Sénégal. Pour quelle raison ? La déforestation, liée notamment à la sècheresse depuis les années 70 mais également la pression du bétail ?

- Le gardiennage de cultures
C'est la technique employée par les paysans locaux, avec des enfants (heureusement en juillet et aout les écoles sont fermées), les femmes et les vieux. Tout le monde s'y met pendant 2 mois (dégâts du stade laiteux à la récolte soit sur 30 jours pour une parcelle) du levée au couché du soleil (13 h par jour). Ceci mobilise au minimum 1 personne par hectare. En complément ils utilisent toutes sortes de techniques pour faire du bruit (vuvuzela), installent parfois des épouvantails, des réseaux de fil de fer et de boites de conserve, des CD réfléchissant la lumière, etc... Ces dispositifs éloignent les oiseaux lorsque la pression aviaire est faible. Elle est inefficace lorsque la pression est forte. En faite, il y a toujours quelques parcelles un peu moins gardées à un moment de la journée ou de la campagne où les oiseaux vont concentrer les dégâts. La perte de production peut atteindre localement 100 %.
Cette technique a également était utilisée par l'entreprise. Le coût avec des salariés est cependant rédhibitoire (25 % de la production pour 2 employés / ha pour assurer une présence de 91 h par semaine). De plus, sans surveillance rapprochée les ouvriers finissent pas s’assoire en bordure de parcelles et regarder les nuées d'oiseaux s'abattre sur les cultures.

- Les gardiens de cultures équipés de fusils
En période à risque, l'entreprise emploie 50 à 70 gardiens de cultures équipés de fusils. Ils utilisent chacun plusieurs dizaines de cartouches et tuent à chaque tire ou presque quelques individus. Cela ne dérange pas vraiment leurs congénères qui se déplacent de quelques centaines de m pour poursuivre leur alimentation. Cependant, cette technique permet tout de même d'éloigner les oiseaux lorsque la pression est faible. Aucune efficacité lorsque la pression est forte. Et à quelle prix ? L'entreprise est le premier consommateur de cartouches du pays, devant l'armée ...

- Pulvérisation de répulsifs à base de piment et d'ail sur les cultures ou sur les dortoirs
Lorsque la pression est faible, cette technique assez couteuse, éloigne les oiseaux durant au plus 1 semaines. Lorsque la pression est forte, cette technique n'a aucune efficacité. Même en traitant les nids, les adultes n'abandonnent pas les nies.

Des combinaisons de ces différents techniques (bazooka + cerfs volants + bandes sonores) ont été testés, sans plus d'efficacité. Il faut bien comprendre que ces oiseaux ont suffisamment d'intelligence pour identifier les dangers et je dirai même lorsqu'il y a un danger le risque pour chaque individus. Les grandes colonies se sentent intouchable...

Donc, nous nous retrouvons dans la même situation que la lutte anti-acridienne.
Soit les Quelea et les criquets pèlerins détruisent les cultures, entrainant la faillite de la filière rizicole et la famine dans les villages, soit l’État utilise un avicide et un insecticide par voie aérienne (dortoirs pas accessibles par voie terrestre) pour lutter contre ces ravageurs et assurer la sécurité alimentaire de ces concitoyens.

Le développement de la riziculture (nourriture), de la canne à sucre et des typhas (feuilles utilisées pour la construction des nies) depuis la mise en service du barrage de Diama en 1986, ont certainement contribués à l'augmentation des populations de Quéléa depuis les années 70. Certains environnementalistes préconisent de ne plus financer le développement de la riziculture pour limiter l'accroissement des populations de ce nuisible. Cette recommandation n'est cependant pas applicable dans le delta du Sénégal où les sols sont sodiques (excessivement salés) et où la seule culture envisageable est le riz irrigué par submersion.

Si les environnementalistes ou les scientifiques disposent d'autres solutions réellement efficace lorsque la pression aviaire est forte, à un cout raisonnable, les riziculteurs du Sénégal seraient heureux de la mettre en œuvre...

Vous parliez des Flamants roses en Camargue.
Sachez que notre exploitation est voisine du Parc National aux Oiseaux du Djoudj, un des plus grand parc d'oiseaux migrateur du monde. Y sont présent des Flamants roses, des Pélicans, des Sarcelles, des Oies de Guinée, et bien d'autres oiseaux protégés. Ces oiseaux viennent assez souvent nous rendre visite sur notre exploitation... Voir au petit matin une centaine de Pélicans sur nos parcelles inondées en inter-campagne, ce qui assure une ressource alimentaire complémentaire à ces oiseaux, est un spectacle magnifique.
Nous travaillons en étroite collaboration avec le conservateur du parc en assurant par exemple chaque année une mise à disposition d'engins TP pour réhabiliter des marigots alimentant des mares. A certaine période de l'année, les Sarcelles peuvent causer quelques dégâts dans les rizières, principalement la nuit. Rien de comparable avec les Quéléa. Les premières années nous utilisions les bazookas. Depuis 2 ou 3 ans, nous utilisons des torches laser d'une portée de 2 km. Le seul reflet sur l'eau permet de les éloigner.

Les Quéléa sont très peu présent dans le parc.

J'espère que cette description de la situation spécifique de la lutte aviaire au Sénégal vous aura permis de mieux comprendre les enjeux pour la sécurité alimentaire et l'environnement.

Concernant les herbicides, l'entreprise utilise des matières actives qui ont le statut 'Approved' au catalogue Européen.
Les noms commerciaux étant différents ici, voici les principales matières actives :
2,4-D : contre les cypéracées
Penoxulam : contre les typha (roseaux) et les graminées
Bispyribac-sodium : contre les graminées

L'entreprise n'utilise pas les herbicides les plus toxiques, comme le propanil, encore largement utilisé au Sénégal.
L'Afrique de l'ouest doit pouvoir disposer de formations professionnelles efficaces et de politiques agricoles adaptées pour mettre en valeur son immense potentiel agricole.
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par mistralfendt » 17 janv. 2021, 19:18

Bonsoir François,

tout d'abord merci de nous avoir détaillé au mieux ce problème, toute fois il y a des choses qui m'échappent ...

Quand je te lis , j'ai bien compris que beaucoup de monde se creusent la tête pour repousser voir réduire le peuplement de ces oiseaux, mais je ne t'ai jamais vu parler d'une recherche de la cause de ce développement massif de ces derniers .
Vouloir guérir le problème est une chose, mais ne vaudrait il pas mieux anticiper ce problème et comprendre pourquoi une telle population d'oiseau a fini par ce développer ?

Je n'ai pas de photos réel de vos plaines la bas mais le problème ne proviendrait il pas d'un manque de diversification des cultures ?
Si vous avez des plaines de milliers d'hectares à perte de vue en riz et que ces oiseaux aiment le riz , n'est il pas possible de leur mettre entre deux parcelles à coté des cultures plus appétentes et qui serviraient uniquement à limiter que ces derniers aillent dans vos parcelles de riz ? Vous perdriez peut être des centaines d'hectares avec des cultures " d'appât" mais vous en sauveriez peut être des milliers derrière .

Le fait de diversifier les cultures vous permettraient également derrière de diversifier une faune avec l'arrivé peut être de nouveaux prédateurs ...
Je pense très fortement que de faire de la monoculture finit par créer un déséquilibre dans votre écosystème ...

En tout cas ton récit m'a vraiment fait penser à un déséquilibre, car ce n'est pas normal aujourd'hui de voir des milliers d'insectes ou d'oiseaux se propager comme cela ...

Bonne soirée et encore merci pour ton investissement dans ce sujet :like:

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François31
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par François31 » 17 janv. 2021, 20:53

Bonsoir,

Il est vrai que localement le riz est la culture dominante qui doit représenter environ 80 % des surfaces irriguées. La canne à sucre, l'oignon, la tomate d'industrie et les autres cultures fruitières et maraichères représentent le solde. Les paysans aimeraient bien pouvoir se diversifier sur d'autres productions. Mais comme expliqué plus haut, les sols étant sodiques, aucune autres cultures n'est adaptés dans le delta.

Il est possible et même fort probable que la monoculture du riz favorise l'accroissement des populations de Quéléa. Cependant, cet oiseau cause des ravages sur de nombreuses céréales sur plus de 50 % de la surface du continent. Faudrait-il supprimer toutes les céréales en Afrique ?

Le Sénégal n'est pas le seul pays utilisant un avicide contre ce nuisible. Tous les pays de la bande sahélienne, de l'Afrique et d'Est et l'Afrique du sud interviennent selon la même méthode.

Lors de la saison des pluies, plus de 10 millions d'hectares rien que pour le Sénégal sont recouverts de graminées sauvages, qui constituent l'aliment naturel de ces oiseaux, complété par des insectes. A cette époque de l'année, les oiseaux sont moins présents dans la vallée. Mais en saison sèche, lorsque ces graminées ont disparues, les oiseaux y reviennent en masse.

Je n'ai pas la solution pour résoudre cette problématique avec un moyen écologique. Ce que je sais, c'est que l'abandon de la monoculture du riz dans le delta serait une catastrophe économique pour le monde rurale mais également une catastrophe écologique car si ces terres n'étaient plus irriguées elles redeviendraient désertiques... L'atmosphère serait encore plus chargé de vents de sables... Les paysans ne contribueraient plus à la redevance eau auprès de l'OMVS pour l'entretien du barrage de Diama. La charge financière serait encore plus lourde pour les États riverains, privés de recettes fiscales, pour l'entretien de ce barrage. Barrage nécessaire pour le maintien en eau douce du parc aux oiseaux du Djoudj, utile pour la diversité et la conservation des oiseaux migrateurs, ...

Le sujet n'est donc pas simple...
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par François31 » 17 janv. 2021, 21:09

C. L’autosuffisance en riz au Sénégal est-il un objectif réaliste ?

Quelle politique agricole pour le Sénégal ?

Répondre à ces questions nécessite de comprendre les enjeux économiques de la filière rizicole sénégalaise dans un monde globalisé. Le riz blanchi étant un produit de base faisant l’objet d’un commerce mondial, le riziculteur sénégalais est en concurrence direct avec le riziculteur asiatique ou brésilien. Or, l’agriculture étant un secteur stratégique sur le plan économique et de souveraineté alimentaire, les Etats sur tous les continents utilisent des mécanismes complexes visant à améliorer la compétitivité de leurs agriculteurs. Il en résulte une concurrence déloyale si l’Etat du Sénégal n’utilise pas les mêmes armes pour assurer la compétitivité la filière rizicole. Cet article vise à dresser un état des lieux, à apporter un éclairage le plus factuel possible sur les problématiques de cette filière et à proposer des solutions crédibles et durables au développement de l’agriculture au Sénégal.

Etat des lieux

Marché mondial

Le marché mondial du riz se caractérise par une grande diversité de famille et de qualité. Les principales familles sont le riz ordinaire non parfumé, et les riz naturellement parfumés de type basmati, originaire d’Inde et du Pakistan et jasmin originaire de Thaïlande. Les principales qualités sont les riz long grain 5 % et 25 % de brisure et la brisure 100 %.

Prix moyen FOB en 2019 de quelques familles et qualités de riz en USD/t et FCFA/t 1

Famille et qualité de riz USD/t FCFA/t
Riz long grain ordinaire
Viet 5% 340,2 198 677
Inde 5% 386,8 225 891
Pakistan 5% 357,1 208 546
Thai 100% B 434,7 253 865
Riz long grain parfumés
Inde Pusa Basmati 1 274,2 744 133
Thai Fragrant 1211,9 707 750
Viet Fragrant 5% 464,9 271 502
Brisures de riz ordinaire
Inde 100% 306,3 178 879
Brisures de riz parfumées
Thai A1 Super 385,2 224 957

1Taux moyen 2019 : 1 $US = 584 FCFA

Importations

Le Sénégal, un pays de 16,2 millions d’habitants est le 8ème importateur mondial de riz. En 2019, le riz représente 5 % des importations du pays pour 208 milliards de FCFA. Les importations sont dominées par les produits les plus économiques, à savoir l’Inde 100 % (brisure), le Thai A1 super (brisure) et l’Inde 5%. Plus de 95 % du riz importé est de la brisure. La brisure parfumée représente environ 25 % des importations.


Importation de riz blanc par le Sénégal en millions de tonnes

2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
1,2 1,1 1,3 1,4 1,1 1,6 1,4 1,0 1,1
(e) : estimations – (p) : prévisions

Sources : FAO & USDA, 2020

Production

Le riz paddy est généralement récolté à un taux d’humidité compris entre 14 et 20 %. En sorti batteuse, il comprend un taux d’impureté, composé de balle vides, de paille et de graines de mauvaises herbes compris entre 1 et 20 %. Après séchage et nettoyage, le riz paddy usiné est à 13 % d’humidité et 0 % d’impureté (riz paddy aux normes commerciales). Le taux d’usinage optimum mesuré en laboratoire, de 64 à 67 % dépend de la variété cultivée en station de recherche. Selon les conditions de culture, de séchage et d’usinage, le taux d’usinage des rizeries de la vallée varie entre 50 et 65 %. Les taux d’usinages sont plus faibles avec les rizeries premier prix chinoises (environ 60 % pour du paddy de qualité). Les taux les plus faibles proviennent de riz de mauvaise qualité, ayant subit un stress en cours de culture (salinité, défaut de fertilisation ou d’irrigation, dégât d’oiseaux, récolté à sur-maturité, …).

Les écarts et sous-produits sont composés de balle de riz (21-23 %), de son (10-14 %), de fine brisure (3-6 %) et de grains tachetés (0-6%). Selon la qualité du paddy, le taux de brisure est de 20 à plus de 50 %.

Pour la campagne rizicole 2018/2019, la production nationale telle que comptabilisée par le Ministère de l’Agriculture et de l’Equipement Rural est de 1 156 000 t, en hausse de 21 % par rapport à la moyenne des 5 dernières années2, avec un rendement de 6,0 t/ha pour le riz irrigué de la région de Saint-Louis et environ 2,7 t/ha pour le riz pluvial de la région de Kolda.

Ces données, qui servent aussi d’indicateurs pour évaluer les agences de l’Etat qui assurent l’encadrement des riziculteurs, sont considérées comme largement surévaluées par les organisations de producteurs, tel que le Comité Interprofessionnel du Riz (CIRIZ). Les raisons de cette surévaluation viennent principalement de la méthode utilisée pour la collecte des données.
Les surfaces récoltées, sont celles emblavées déclarées par les producteurs. Or, ces déclarations ne correspondent pas toujours à la surface exploitée, celle-ci pouvant inclure les pistes et les canaux ou pouvant être volontairement majorée afin d’obtenir un crédit bancaire ou une dotation d’engrais subventionné plus importante. D’autre part, une partie de la surface peut ne pas être récoltée du fait de sinistres fréquents (dégâts d’oiseaux, de rongeurs, de bétail, forte salinité des sols, inondation, moyens de récolte non disponible, …). Seuls les sinistres les plus importants et déclarés, comme une inondation, sont déduites pour évaluer la production.

La forte hausse de production annoncée ces dernières années proviendrait principalement d’une augmentation très importante des surfaces cultivées sous pluies au sud du pays. Cependant le CIRIZ conteste ces données. En effet par recoupement d’informations (production de semence, déclaration des organisations décentralisées, …) il est peu probable que l’augmentation des surfaces soient aussi importante que celle annoncée officiellement.

Les rendements sont évalués par les agences de l’Etat selon la méthode des carrés de rendements, un prélèvement sur environ 10 m², qui engendre de nombreux biais. Volontairement ou involontairement, ces prélèvements sont rarement effectués sur les plus mauvaises parcelles mais le plus souvent sur les plus belles. D’autre part, la pesée du prélèvement est le plus souvent effectuée sur un paddy récolté et non un paddy séché et nettoyé aux normes commerciales. Ces évaluations de rendements ne sont jamais recoupées avec les quantités réellement récoltées et livrées aux rizeries.

A titre de comparaison, les rendements réels de 2019 des producteurs sous contrats de la Compagnie Agricole de Saint-Louis a été de 5 t/ha sur 1 396 ha en saison sèche chaude et de 3,6 t/ha sur 299 ha en hivernage. Ces rendements sont représentatifs des rendements relevés sur plusieurs années (+ ou – 10 % d’une année sur l’autre).

Il résulte de cette analyse est que la production nationale en 2019 est probablement de l’ordre de 400 000 t de riz blanc, soit environ 30 % de la consommation du pays. Cette production croit légèrement d’année en année du fait de nouveaux aménagements dans la vallée et de nouvelles surfaces emblavées sous pluies au sud du pays. Cependant, du fait de l’accroissement de la population (2,8%/an) le taux de couverture des besoins du pays évolue peu depuis plusieurs décennies.

Analyse de la compétitivité de la filière rizicole au Sénégal

Prix du riz pour différents pays

Le prix bord champ du paddy est le plus faible d’Afrique de l’Ouest et probablement un des plus faible au monde. Pour le riz paddy ordinaire, il est près de 20 % inférieur au prix bord champ pratiqué en Inde. Les riziers, qui subissement la concurrence de la brisure indienne et des riz long grain vietnamien, pakistanais et indiens, ne peuvent proposer un meilleur prix aux producteurs.

Paradoxalement, le riz blanc ordinaire est à un prix plus élevé sur le marché intérieur indien (300 FCFA/kg carreau usine) qu’à l’exportation (226 FCFA/kg). Ceci s’explique par le fait que le gouvernement indien applique différentes mesures protectionnistes. Avant chaque récolte, il pratique un prix de retrait des vieux stocks et subventionne par période le riz à l’exportation (5 %, de novembre 2018 à mars 2019).

Prix du riz paddy et du riz blanc en sacs pour différents pays en FCFA/kg

Europe Inde Sénégal Mauritanie Nigéria
Prix du paddy ordinaire 170 à 184 160 130 165 à 180 160
Prix du paddy parfumé 210 145 228
Riz blanc ordinaire 485 à 500 300 280 390
Riz blanc parfumé 390 330 490

Riz paddy : prix bord champ en vrac ou sacs de 80 kg
Riz blanc : prix carreau usine pour du riz long grain 5% (qualité supérieure), en sacs de 25 kg
Source : étude CASL réalisée en juin 2018
L'Afrique de l'ouest doit pouvoir disposer de formations professionnelles efficaces et de politiques agricoles adaptées pour mettre en valeur son immense potentiel agricole.
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Estéban2538
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par Estéban2538 » 30 janv. 2021, 12:42

Bonjour a tous. Je viens de comprendre
Nous les flamants roses c'est vraiment chiant. Quand il s'y mette il faut refaire le semis. Et nous produisons a perte donc c'est compliqué

Et les personnes que je connais qui produisent du riz ces les rizières et les Benoît

claaslover
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par claaslover » 30 janv. 2021, 20:01

Estéban2538 a écrit :
30 janv. 2021, 12:42
Et les personnes que je connais qui produisent du riz ces les rizières et les Benoît
Roziére plutôt non :biensur:

:like: ;)

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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par Estéban2538 » 31 janv. 2021, 20:02

Euh oui roziere pardon 😉

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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par claaslover » 31 janv. 2021, 20:52

Estéban2538 a écrit :
31 janv. 2021, 20:02
Euh oui roziere pardon 😉
C'est pas grave !! ça arrive a tous de faire des erreurs ...
Tu connais ABK6 ?



:like: ;)

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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par Estéban2538 » 06 févr. 2021, 09:31

Non je ne connais pas. Vous connaissez vous ??

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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par Estéban2538 » 06 févr. 2021, 09:37

https://www.youtube.com/watch?v=qw3_-QX7q2M
https://www.youtube.com/watch?v=fFCoeJ9y8cg
https://www.youtube.com/watch?v=ZYVQvljktE8
https://www.youtube.com/watch?v=Sct0aDi3EqU

Je vous suggère de regarder ces 4 vidéos que j'ai faite en Camargue pour comprendre la riziculture camarguaise est ainsi voir la différence avec le Sénégal 😉
Bon visionnage 😊

François31
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Message par François31 » 11 févr. 2021, 20:02

Merci Esteban pour ces vidéos.

J'en profite pour vous proposer quelques vidéos sur notre entreprise.

Le département Travaux Agricoles et Aménagements
Ce département a aménagé les 2 700 ha irrigables de la Compagnie Agricole de Saint-Louis de juillet 2013 à décembre 2018 et construit l'ensemble des bâtiments et des infrastructures de génie civil (silo de stockage par exemple).
Depuis, elle réalise des aménagements hydroagricoles pour le compte de tiers.

https://www.youtube.com/watch?v=J37SOV6r9qQ

Le semis du riz avec un hélicoptère Bell 47

https://www.youtube.com/watch?v=CpLx4yv5tIg

La construction des silos

https://www.youtube.com/watch?v=wjCqSI8dZwk

L'usine comprenant :
- 4 séchoirs Law (2 X 25 t/h et 2 x 10 t/h)
- 20 000 t de stockage du riz paddy
- 1 rizerie de 8 t/h de marque Buhler

https://www.youtube.com/watch?v=Uqe55RJo6Do

Les producteurs sous contrats

https://www.youtube.com/watch?v=IdabM386GtE

Vous pouvez retrouver toutes nos vidéo sur notre chaine Youtube

https://www.youtube.com/channel/UCDZ_EZ ... owAgRnlBgw
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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par Estéban2538 » 14 févr. 2021, 00:00

Merci. J'irai regarder tout sa sur votre chaine. Bonne soirée

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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par Estéban2538 » 19 mars 2021, 21:14

Bonsoir.
Je crois que l'herbicide "2,4 D" c'est du propanil. A en discuter.
Cordialement
Estéban Agriculture Isère

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Re: Exploitation agricole au Sénégal: 1500 hectares de riz

Message par Estéban2538 » 25 juin 2021, 23:43

Bonjour Francois,
Je me permet de vous poser la question. Qu'avez vous penser de votre CTS ?

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