Depuis son annonce au SIMA 2017, le terminal SmartTouch de Valtra est disponible dans les cabines des modèle N, T et S en version Versu ou Direct. Le constructeur le décrit "plus facile que votre smartphone", pour le vérifier, un N154e est passé sous les doigts de deux agri-essayeurs, en plein cœur du Tarn !

Deux générations d’agriculteurs, Paul Mas et son père Bernard, ont manipulé l'accoudoir. L’informatique et l’interface tactile sont des technologies qui ne rassurent pas le plus âgé. Nous avons laissé le fils expliquer au père les commandes et les possibilités de réglages via le SmartTouch. L’objectif était de ne pas interférer dans l’échange entre les deux générations. Le seul incident à relever s’est déroulé après un calage du tracteur. Remplacé pour sa pause repas, Paul Mas a dépanné son père par téléphone afin de redémarrer le tracteur et réactiver l’ensemble des réglages qui étaient programmés pour le combiné de semis.  

Tout ce que mon fils m’a expliqué a fonctionné. Pourtant, je ne suis pas féru d’ordinateurs ! 

Bernard Mas

Un constat partagé par notre essayeur principal : « il n’y a pas de raisons d’avoir peur de ces commandes tactiles. Le SmartTouch présente des logos clairs. Ils identifient convenablement les réglages auxquels on accède en appuyant dessus. Il y a beaucoup de choses sur l’écran mais c’est quand même compréhensible. » 

Une interface qui invite à l’utiliser 

L’écran d’accueil contient la représentation du tracteur. Pour Paul Mas : « C’est assez clair. On peut accéder à tous les réglages rapidement. Quand je touche l’icône moteur, je trouve un compte-tours avec quatre réglages possibles. Il y a les tours/minute minimum et maximum qu’on peut régler avec le tactile ou la molette ». Le bord droit de l’écran SmartTouch est pourvu de commandes (boutons et molette) qui peuvent assurer la transition pour des utilisateurs allergiques au tactile. Point intéressant en cas de fortes secousses. « Les deux autres réglages sont des mémorisations de régimes moteurs. Je les retrouve sur deux boutons placés sur l’accoudoir. Ce panneau de réglage me permet aussi de modifier le frein moteur suivant les travaux. Les réglages de minimum et maximum du régime moteur peuvent servir si un autre chauffeur ne veut pas trop toucher aux réglages. Quand mon père a conduit le tracteur, j’ai donné une plage de travail au moteur pour que ce dernier n’aille ni trop haut ni trop bas dans les tours. » détaille l’essayeur.

C’est simple, les codes couleurs aident à la compréhension et la molette est présente si on n’utilise pas le tactile. 

Paul Mas

Le SmartTouch bénéficie à la transmission 

Paul Mas a rapidement compris la nouvelle interface Valtra pour régler la boîte : « on détermine en quelques touches en quelle gamme et vitesse on veut travailler après intervention sur l’inverseur. Pour l’anti-patinage, il est possible de choisir le pourcentage toléré avant que la transmission intervienne, précise Paul Mas. En fonction des travaux, on règle la sensibilité de l’inversion sur l’écran tactile. On peut aussi régler le temps de ré-engagement du pont avant après inversion, on augmente ou diminue comme on veut. »

Le temps d’enclenchement automatique du pont avant est également réglable avec la molette.

L’essayeur a rapidement su ce qu’il pouvait changer ou pas. « Le mode Auto 1 est protégé, ce sont les réglages d’usines : ils ne risquent pas d’être modifiés. Le mode Auto 2 est accessible aux conducteurs. On peut paramétrer des plages de vitesse pour que le tracteur tombe un rapport où passe au rapport supérieur. Si je fais du transport avec une benne et que je bloque le bas de la plage à 1520 tours, dès que le moteur baissera à ce régime, il passera au rapport inférieur. Si je lui bloque la limite haute à 1700 tours, quand il se relancera sur le plat, il montera un rapport. » Sur le ton de la plaisanterie notre essayeur a trouvé une utilité au limiteur de vitesse :

On peut donner une vitesse maximale au tracteur, cela peut servir dans les cas où on a un stagiaire qui manque d’expérience.

Paul Mas
Le panneau de réglage du moteur donne au chauffeur la possibilité d’éditer des plages de travail.

Hydraulique : réglages à la carte et du bout des doigts

Les quatre distributeurs électro-hydrauliques de l’accoudoir et les autres commandes sont reproduits par une image en 3D à l’écran. « La particularité de la section hydraulique c’est qu’on peut répliquer ou déplacer les fonctions sur le mono-levier ou le levier en croix. Les possibilités sont multiples, c’est un bon point et les changements de positions sont très faciles à réaliser avec l’écran SmartTouch », remarque Paul Mas. Lors du déchaumage avec le Valtra N154e, ce système s’est révélé utile. « Avec un utilisateur peu friand de technologie comme mon père, j’ai opté pour l’attribution de la fonction relevage à tous les boutons de distributeurs hydrauliques. Il ne pouvait pas se tromper. Sur un outil aux commandes simples, je suis sûr que mon père ne fera pas d’erreur et cela rassure tout le monde. On peut également appliquer une temporisation avec le doigt ou la molette, c’est une fonction utile pour relever ou baisser des traceurs au semis. » 

La représentation en 3D de l’accoudoir rend les réglages faciles et rapides.
La représentation en 3D de l’accoudoir rend les réglages faciles et rapides.

Programmer les séquences devient un jeu d’enfant

L’essayeur a compris rapidement l’éditeur de séquences pour le semis : « la première commande demandait au tracteur de baisser le relevage. La deuxième d’atteindre 1750 t/min, puis d’enclencher la prise de force à 1000 t/min avec comme quatrième étape : rouler à 7 km/h en gestion automatique. Chaque commande peut être déclenchée suivant des mètres roulés ou un temps en secondes. Les séquences sont attribuées à des boutons M1 et M2 présents sur le mono-levier. » explique Paul Mas. Après quelques heures de travail, nous lui avons demandé d’écrire une séquence fictive pour une charrue. Il a fallu 90 secondes pour écrire la première séquence : relevage, gestion moteur, différentiel, vitesse cible. La deuxième séquence de bout de champ a été écrite en une minute, montre en main. Une rapidité qui découle en partie du code couleur : "Tout ce qui touche au moteur est orange comme dans l’écran d’accueil. Vert pour le relevage, prise de force jaune, hydraulique bleu, tout est raccord dans le gestionnaire de séquences !"

On n’a pas besoin d’avoir un smartphone pour utiliser l’écran SmartTouch !

Paul Mas
La cohérence du code couleur a été appréciée.
La représentation en 3D de l’accoudoir rend les réglages faciles et rapides.

Notre agri-essayeur aurait souhaité plus de flexibilité dans l’écriture des séquences : « C’est dommage qu’il faille parfois supprimer une tâche de la séquence pour effectuer un changement. Par exemple, si le régime moteur est trop haut et que sa commande est la 3ème étape sur 4 de ma séquence, je suis obligé de supprimer la 4ème étape pour pouvoir baisser le régime moteur. » 

L’esthétique et l’ergonomie sont abouties 

Sur le bord du terminal, on trouve un bouton qui active un partage d’écran. La facilité de paramétrage de la fonction a impressionné Paul Mas : « On peut choisir l’écran que l’on veut dans le rectangle que l’on veut en faisant glisser le doigt sur la zone où on souhaite changer les informations affichées. Avancement, prise de force, caméra, heures, niveaux, les quatre sous-écrans peuvent tout afficher ! Si on veut voir en grand une des quatre zones, il suffit de la tapoter une fois. » La qualité de l’écran est jugée très bonne et le réglage de luminosité facile. « Il est même possible d’éteindre complètement le rétro-éclairage », précise Paul Mas. Le mode Nuit avec un arrière-plan foncé a été utilisé également le jour lors de l’essai du N154e. Chaque chauffeur fera selon ses goûts mais le mode Nuit a été jugé plus reposant par les deux agriculteurs.

Sur le bord droit de l’écran, quatre boutons complètent l’interface tactile. Celui du bas déclenche le par-tage en quatre sous-écrans.
Le bouton du bas déclenche le partage en 4 sous-écrans.

« Valtra a vraiment poussé les détails, remarque Paul Mas, on peut même choisir la couleur du tracteur affiché à l’écran ! La vitesse d’exécution est rapide, je n’ai pas constaté de lenteurs ni de bugs. La réactivité de l’écran est instantanée. » La construction de l’écran apparaît solide, bien finie, et l’épaisseur du terminal a été jugée satisfaisante. Notre agri-essayeur a trouvé rapidement les étapes pour régler un maximum d’organes du tracteur en 3 touches comme le prétend Valtra. Paul Mas a également apprécié que plusieurs profils utilisateurs soient paramétrables : « On préserve ainsi les réglages de chacun. » Une fonction qui trouve son utilité dans les ETA et les CUMA et appréciable sur une ferme avec plusieurs chauffeurs. C’est indéniable, beaucoup d’aspects positifs ont été relevés lors de cette essai. L’accoudoir SmartTouch brille par son interface tactile. Il rend les Valtra N,T et S encore plus faciles à régler suivant l’envie des agriculteurs. 

Le Série N : aussi surprenant que son écran SmartTouch

Même si les pentes ne sont pas excessives dans les vallons du centre Tarn, les tracteurs 4 cylindres et leur empattement sont pressentis moins stables que les modèles 6 cylindres. Pourtant, malgré le poids conséquent du combiné Amazone, le Valtra s’est hissé au-delà des prédictions : « Il a deux cylindres en moins, mais il est aussi stable que notre John Deere », concède Bernard Mas.
Même son de cloche pour son fils qui a apprécié le confort de la cabine et juge le Valtra N plus stable que son tracteur de tête. La transmission a également séduit : « Il se conduit presque comme un modèle avec la boîte à variation continue. Au champ où dans les intersections, la pédale de frein arrête le tracteur et le laisse repartir quand on la lâche. Cette fonction non-stop sans débrayage est confortable », explique P. Mas. 
Équipé d’une cuve à carburant dotée d’un pistolet gros débit, il a fallu repasser en mode manuel car « les remous, créés par l’extérieur du réservoir AdBlue, désamorçaient le pistolet. » De manière générale, le tracteur a paru abouti. Même si la résistance des 6 cylindres est marquée en France, Paul Mas est convaincu que les éleveurs peuvent considérer l’achat de ce tracteur : « C’est un bon tracteur de tête pour une exploitation de polyculture-élevage. » 

Le châssis et les 165 chevaux du N154e ont fait bonne impression chez les essayeurs.
Le châssis et les 165 chevaux du N154e ont fait bonne impression chez les essayeurs.
  La page d'information du constructeur   La fiche technique du modèle essayé.

Poster un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Produits à comparer