Bien implanté en France, le chargeur télescopique voit depuis quelques années un nouveau concurrent débarquer dans les cours de fermes : la chargeuse articulée télescopique avec de nombreux atouts. Retour en juin 2016 lors d’une confrontation directe entre les deux machines, avec pour seul arbitre, nos agriessayeurs et leur ferme en polyculture-élevage.

Pour ce match entre télescopique et chargeuse articulée télescopique, direction les Deux-Sèvres, où le GAEC de Chavigny nous a accueilli pour une semaine d’essai. Point intéressant, les associés du Gaec travaillent depuis toujours avec des tracteurs équipés de chargeur pour la manutention. « Aujourd’hui, nous possédons 2 chargeurs qui peuvent s’atteler sur 3 tracteurs différents, détaille Thierry Grolleau. Les 3 tracteurs font à peu près 140 chevaux chacun. D’ailleurs, nous estimons faire au minimum 1 000 heures de chargeur avec les 3 tracteurs réunis.» Nos arbitres seront neutres puisqu’ils n’ont aucune habitude de travail avec un chargeur télescopique ou une chargeuse articulée. 

Les agriessayeurs : Le Gaec de Chavigny est composé de quatre associés : Mariannick et Marie-Laurence Grolleau, Michelle Grolleau, et Thierry Grolleau. L’exploitation de polyculture-élevage se situe à St Martin de Mâcon, dans le Nord Deux-Sèvres. Les 80 vaches laitières produisent environ 750 000 litres de lait. Les associés exploitent 260 hectares de SAU.

De gauche à droite : Thierry Grolleau, Mariannick Grolleau, deux des 4 associés du Gaec de Chavigny, et Julien Guéret, en stage sur l’exploitation.

Le terrain de jeu trouvé, il ne nous reste plus qu’à accueillir nos 2 participants. Pour ce duel, nous avons sollicité la marque Dieci, qui a accepté de mettre à disposition pendant une semaine deux machines : un télescopique AgriPlus 40 .7 VS Evo2 et une chargeuse articulée AgriPivot T80. Pourquoi ce choix ? Les deux machines reçoivent tout simplement le même moteur FPT de 4,5L qui délivre 140 chevaux. Ils sont donc des concurrents directs, même si la chargeuse articulée possède une hauteur maximale de levage inférieure, avec 5,4 mètres contre 7 mètres pour le télescopique AgriPlus.

Seul petit bémol : les cadrans sont tous situés sur la droite, donc absent du champ de vision direct du conducteur.

Sur la prise en main, les agriessayeurs sont unanimes

C’est un jeu d’enfant ! « Avec le monolevier qui regroupe toutes les fonctions, y compris l’inverseur de sens de marche, c’est vraiment très facile, explique Thierry Grolleau. J’ai même plus de repères avec l’articulée, car la position de conduite centrale ressemble à celle que l’on a dans un tracteur, avec une excellente visibilité tout autour de la machine. C’est même impressionnant la différence lorsqu’on remonte sur le télescopique après : on se sent à l’étroit, et le bras télescopique gêne régulièrement au niveau de la visibilité sur la droite. Dans tous nos différents chantiers, je n’ai pas eu à freiner ou à utiliser la main gauche pour aller chercher l’inverseur, ce qui fait gagner du temps à chaque manœuvre. Que ce soit le télescopique ou la chargeuse articulée, une petite demi-heure suffit pour l’adopter. » Et concernant l’articulation de la chargeuse ? « C’est vrai qu’il y avait une petite crainte au départ, confirme Mariannick Grolleau. Pourtant, elle s’est très vite envolée. Nous n’avons eu aucun souci particulier de prise en main avec la chargeuse. »

 

De son siège, le chauffeur a une visibilité optimale de son environnement

Et en cabine alors ?

Alors là, il n’y a même pas débat : la chargeuse gagne haut la main ! « Dès l’accès en cabine, la chargeuse est gagnante, confirme Mariannick Grolleau. Avec les marches déportées, l’accès ressemble à celui d’un tracteur. Alors que pour le télescopique, même si la cabine est moins haute, l’accès est plus difficile car les marches sont droites, et se situent sous la cabine. Avec des bottes humides, la descente n’est pas toujours simple !  Pour la chargeuse Agripivot T80, c’est simple, on se croirait dans un tracteur, confirme Thierry Grolleau. Le chauffeur est au centre de la machine, avec une excellente visibilité sur l’outil à l’avant, et rien ne gêne la visibilité au moment de faire des manœuvres. De plus, la cabine est spacieuse, avec peut-être un léger manque de hauteur sous plafond pour les gens qui font plus d’1,85 mètres. Mais sinon, c’est un sans faute. Pour le télescopique AgriPlus, la cabine n’est pas plus petite que celle des concurrents, Dieci n’y est pour rien. Mais je suis oppressé dans cette petite cabine. Elle est pourtant confortable, et bien réfléchie pour offrir la meilleure visibilité possible. Mais avec le bras télescopique sur la droite de la machine, le champ de vision est forcément réduit. » Seul petit défaut relevé par les agriessayeurs, valable pour les deux machines : pour gagner en visibilité, tous les cadrans d’informations sont situés sur la droite du chauffeur, et donc pas dans le champ de vision direct du conducteur. Ceci peut poser un souci lorsqu’un voyant s’allume.

« Nous avons passé autant d’heures sur les deux machines »

Après une semaine d’essai, les 2 agriessayeurs se veulent pourtant rassurant : « Nous avons pu travailler entre 15 et 20h sur chacune, et une chose est sûre, il s’agit de machines différentes, mais toutes les deux efficaces ! Que ce soit lors du curage de la stabulation, du chargement de container de fumier pour l’usine de méthanisation, ou même pour les différents travaux d’astreintes quotidiens au niveau des vaches laitières, nous avons vu la différence avec nos tracteurs-chargeurs. Nous avons gagné en débit sur tous nos chantiers ! » Difficile de départager l’AgriPivot T80 et l’AgriPlus 40.7 VS Evo2 pour les deux agriessayeurs : « D’un côté, le télescopique a un gabarit légèrement plus petit. Ceci dit, la chargeuse articulée, plus imposante, manœuvre tout aussi bien dans un espace réduit, lorsque la hauteur du bâtiment le permet. » D’ailleurs, avec la chargeuse, là où les roues avant passent, l’arrière de la machine passe ! 

La chargeuse a surpris par sa maniabilité lors de tous les travaux. Mais le télescopique, plus petit, reste maître des surfaces plus réduites.

La chargeuse et le télescopique s'aligne face au chargeur frontal

Une seule chose est sûre pour les deux agriessayeurs, il n’y a pas photo : « Nous devons régulièrement charger des caissons de fumier pour alimenter l’unité de méthanisation dont nous sommes adhérents, explique Thierry Grolleau. Si le télescopique nous a surpris par sa capacité à manœuvrer quasiment sur place comparé à nos tracteurs, nous avons été bluffés par l’AgriPivot T80. L’articulation permet de se remettre en ligne quasiment instantanément après avoir déchargé le godet, ce qui permet d’augmenter le débit de chantier de façon impressionnante. » 

Avant de rentrer plus en détails dans les différences entre les deux machines, une question importante : le prix ?  La chargeuse articulée est environ 15% plus cher que son homologue télescopique, est-ce justifié ? « Je pense que oui, débute Thierry Grolleau. Les capacités de la chargeuse articulée sont impressionnantes. Pour quasiment tous les travaux, elle a été plus efficace que le télescopique. Et la visibilité à 360° n’y est pas pour rien. » Mariannick ajoute : « Ceci dit, c’est comme tout investissement, il faut en avoir l’utilité. Pour un entrepreneur qui fait beaucoup d’épandage de fumier notamment, la question ne se pose même pas. Le surcoût sera vite absorbé par le gain en débit de chantier. Mais pour une exploitation comme la nôtre, le télescopique remplit parfaitement le cahier des charges. Il est performant et agile, deux qualités essentielles dans notre cour de ferme. La chargeuse apporte un confort supplémentaire, mais dans la conjoncture actuelle, toute économie est bonne à prendre.»

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