Pour cette nouvelle semaine d’essai, nous reprenons la direction de Chavigny, sur la ferme de Thierry et Mariannick Grolleau. Pour la 3e fois chez eux, nous allons opposer un 4 et un 6 cylindres. Si les 2 premiers duels ont mené vers une nette victoire du 6 cylindres, cette fois, le combat pourrait être différent. En effet, comme le constate Thierry Grolleau dès la descente du camion : « Sans regarder les étiquettes des tracteurs, il est quasiment impossible de reconnaître les tracteurs sans lever le capot ! »

Et notre essayeur a raison ! Lorsque l’on regarde les deux tracteurs garés côte à côte, la ressemblance est frappante. Il est vrai que le constructeur a bien joué le jeu pour ce test : même transmission (Dyna 6), même monte de pneumatiques (580/70 R38 à l’arrière et 480/70R38 à l’avant) et même masse de 250 kg dans chacune des roues arrière. Même le relevage arrière des deux tracteurs affiche la une capacité identique : 7,1 tonnes. La seule différence notable vient donc du bloc-moteur. Le 6715S reçoit un bloc 4 cylindres de 4,9 l, tandis que le 7715S est équipé d’un bloc 6 cylindres de 6,6 l. Du coup, l’empattement entre les deux tracteurs est légèrement différent, puisqu’il est de 2,67 m sur le 6715S, et de 2,88 m sur le 7715S. Une fois toutes les données concernant les tracteurs conçus à Beauvais intégrées, il est l’heure pour nos essayeurs de partir en moisson, pour mettre à l’épreuve ces deux tracteurs.

Mariannick et Thierry Grolleau ont testé les 2 tracteurs pendant une semaine cet été.

L'exploitation en bref : le Gaec de Chavigny est composé de trois associés : Mariannick et Marie-Laurence Grolleau, ainsi que Thierry Grolleau. L’exploitation de polyculture-élevage se situe à Saint-Martin-de-Mâcon, dans le nord des Deux-Sèvres. Les 80 vaches laitières produisent environ 750 000 litres de lait. Sur les 260 ha de SAU que comporte l’exploitation, les associés cultivent du maïs ensilage, de la luzerne, du ray-grass pour les bêtes, mais également du blé tendre, du colza et du tournesol.

Les moissons pour démarrer

Et en montant en cabine, peu de surprises pour nos essayeurs : ils possèdent des Massey Ferguson depuis plus de 50 ans sur l’exploitation, donc la prise en main va être rapide ! Une fois la benne Coutand de 16 tonnes attelée, le 7715S prend la route pour rejoindre la moissonneuse. « Vu la pluie que nous avons eue au mois de juin, les conditions sont délicates pour moissonner cette année, nous explique Thierry Grolleau. En temps normal, nous aurions pu essayer d’atteler les tracteurs à notre benne de 22 tonnes, mais nous préférons jouer la sécurité et la laisser sur notre tracteur de tête de 200 chevaux. Et déjà, nous constatons que cette benne de 16 tonnes, bien chargée, occupe bien les tracteurs. » Au niveau du ressenti de conduite justement, l’avis des deux essayeurs diverge légèrement : « J’ai l’impression que le 6 cylindres a plus de couple, estime Mariannick Grolleau. Dans les montées notamment, il reprend des tours plus facilement. » Tandis que pour Thierry Grolleau : « La différence n’est vraiment pas grande entre les deux tracteurs ! Le 4 cylindres est sans doute un peu plus nerveux, mais il ne démérite pas pour autant dans les montées qui s’offrent à lui. À noter que les deux tracteurs ont une légère tendance à sauter sur la route, ce qui est certainement dû à la voie des tracteurs, qui pourrait sans doute être optimisée. Mais globalement, ils s’en sont bien sortis ! » Match nul pour l’instant donc !

Pour les moissons, les 4 cylindres du 6715S ont été largement suffisant, selon Thierry Grolleau.

Le déchaumeur comme juge de paix ?

Une fois les moissons terminées, les exploitants du Gaec de Chavigny décident d’atteler les tracteurs sur le plateau Rolland, pour ramasser de la paille. Et avec un chargement de 25 bottes de plus de 500 kg, ce n’est pas des tours à vide qui attendent les deux tracteurs. Mais là aussi, les machines vont largement satisfaire les exploitants : « Sur les deux, le rayon de braquage est bon, et la transmission est souple, constate Thierry Grolleau. Le fait de pouvoir s’arrêter avec la pédale de frein est bien pratique pour ce genre d’exercice. Je peux zigzaguer entre les bottes et m’arrêter rapidement pendant que l’autre tracteur charge le plateau. Et sur la route, il n’y a rien de nouveau pour l’un et l’autre, donc le match nul continue. » 

Le Rubin de 4m a bien occupé le 4 cylindres, mais il s'en est sorti avec les honneurs!

Pour essayer de les départager, le juge de paix habituel durant nos essais est le déchaumeur à disque indépendant Lemken Rubin 9, présent sur l’exploitation. Ce DDI de 4 mètres fixe n’a encore jamais été attelé sur un des 4 cylindres pour les deux premiers essais. En effet, il possède la particularité de devoir être attelé assez haut, et d’avoir un porte-à-faux assez important. Donc bien généralement, les tracteurs trop légers n’arrivent même pas à le décoller. Mais bonne surprise, le 6715S y arrive sans problème. Thierry Grolleau décide donc d’aller effectuer un premier déchaumage dans une parcelle proche de l’exploitation, où Mariannick Grolleau est en train d’épandre du lisier à l’aide du 7715S. « L’entrée du champ n’est vraiment pas simple, puisqu’elle monte fortement, nous précise Thierry Grolleau. Mais cela ne gêne absolument pas le 6715S, qui ne lève même pas du nez au moment de franchir cet obstacle ! C’est réellement une bonne surprise. De plus, dans le champ, le tracteur emmène assez facilement l’outil à une vitesse de 12 km/h, à un régime moteur de 1500 tours. Le 4 cylindres fait le boulot proprement et sobrement. Il marque des points là ! »

Le 4 cylindres, vainqueur du duel

À l’heure du bilan, les deux exploitants sont d’accord sur un point : la première impression est toujours bonne, il est quasiment impossible de différencier les deux tracteurs autrement qu’en regardant l’étiquette, et ce même quand on est au volant de l’un ou l’autre des tracteurs.  « Clairement, le 4 cylindres tient la route », confirme Mariannick Grolleau. Et Thierry Grolleau va plus loin : « Avec 4000 ou 5000 euros de moins en faveur du 4 cylindres, il a très nettement ma préférence. Il a effectué tous les travaux sans montrer de limite. La plus-value en faveur du 6 cylindres ne se justifie donc pas, selon moi. Au contraire, je préfère même économiser un peu en achetant un 4 cylindres  comme deuxième tracteur de 150 chevaux, et investir dans un équipement de guidage où dans de l’Isobus avec la différence de prix. C’est plus judicieux selon moi. » 

Finalement, c'est bien le 4 cylindres qui sort vainqueur, pour avoir été en mesure de faire jeu égal avec le 6 cylindres.

 

Le résumé de l'essai en vidéo :

 

 

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