Pour cette nouvelle session de test au Gaec de Chavigny, Kubota nous a mis à disposition le M7172 Premium KVT, le modèle le plus puissant et le plus haut de gamme du constructeur japonais. En plus de la variation continue, notre modèle d’essai recevait à notre demande un autoguidage RTK Kubota, pour être en mesure de semer des CIVE directement après la moisson.

Début Juillet en Deux-Sèvres, la moisson touche déjà à sa fin. Si nous n’allons pas pouvoir tester le M7172 au transport de céréales, ce sont des travaux dans les champs qui l’attendent. "Entre les premiers déchaumages et les semis de CIVE – culture intermédiaire à valorisation énergétique – le M7172 ne va pourtant pas être au repos, prévient d’emblée Thierry Grolleau. Et pour l’ensemble de ces travaux, l’autoguidage RTK Kubota va, je l’espère, être un allié de choix ! Nous ne sommes pas encore équipés d’autoguidage sur l’exploitation, c’est donc un élément important du test. Et notamment l’aspect prise en main, pour des novices comme nous."

Une prise en main rapide

Mais avant de mettre en route l’autoguidage, il faut déjà prendre en main le tracteur. "C’est assez simple, confirme Thierry Grolleau. La transmission à variation continue est assez souple, la prise en main du tracteur est très rapide. Dès la première montée dans le tracteur, la cabine spacieuse semble accueillante. Toutefois, pour moi, l’accoudoir est assez chargé, avec de nombreux boutons programmables dont nous nous servons très peu au final. À mon goût, l’ensemble manque toutefois de finition. Pour un tracteur de ce tarif – autour de 110 000 euros avec autoguidage – toutes les commandes de prise de force font vraiment trop "plastique". Un point positif tout de même est l’ordinateur de bord, où la navigation se fait très bien grâce à la fonction tactile. Il est possible de scinder l’écran en quatre, de manière à avoir toujours trois menus affichés en continu sur la gauche de l’écran, et le quatrième ouvert en grand pour pouvoir changer les réglages ou gérer le GPS, par exemple. Passer d’un écran à l’autre, ainsi que trouver les réglages est assez simple dans la majorité des cas. Mais je reste sur ma réserve concernant cet écran : en conditions lumineuses, il est difficile d'y lire les informations, à cause des nombreux reflets."

Un déchaumeur de 4m 

Sur le papier, les 4 cylindres du Kubota M7 n’ont rien à envier à un 6 cylindres : 6,1 l de cylindrée, 711 Nm de couple maximum mais surtout près de 7 tonnes sur la balance, et une impressionnante capacité de relevage de 9,4 tonnes aux rotules. Le déchaumeur à disques indépendants 4 mètres fixe de l’essayeur ne devrait pas être un problème pour le M7. "Déjà, et il faut le signaler, c’est très simple d’atteler le déchaumeur, confie Mariannick Grolleau. La vue sur l’attelage arrière est excellente, ce qui se fait de plus en plus rare sur les modèles de la concurrence. L’approche se fait calmement, grâce à la souplesse de la variation continue. Mais nous sentons le tracteur léger à l’avant, alors nous préférons laisser la masse d’une tonne sur le relevage avant."

Une fois rendus à la parcelle, nous constatons que cette sécurité s’avère justifiée : "Le tracteur est massif, il n’y a pas de doute là-dessus, constate Thierry Grolleau. Mais il semble déséquilibré. L’entrée de la parcelle est un peu en pente, il faut se méfier. Avec les différents tracteurs que nous avons eus à l’essai, nous avons pu constater dans ce champ de grandes différences de comportement au moment de franchir l’entrée. Et clairement, le M7 fait partie des tracteurs les moins à l’aise pour accéder à cette parcelle. Le moteur est vraiment proche de la cabine. Au vu du déchaumeur porté de 4 m qui équipe le tracteur, je pense que ce dernier manque de poids sur l’avant, c’est dommage."

Le réglage du guidage : différentes étapes à comprendre 

Une fois le piège de l’accès à la parcelle franchi, Julien Guéret, apprenti sur l’exploitation, peut commencer à rentrer les paramètres du guidage : largeur de l’outil, espacement entre rotules et fin du rouleau notamment. Le tracteur de test étant présent une seule semaine, nous décidons de créer des lignes A-B dans toutes les parcelles, plutôt que de délimiter les contours de chacune. "Tracer la première ligne est simple, constate Thierry Grolleau. Mais une fois ceci fait, nous avons constaté que nous avions oublié une étape : dire à l’ordinateur de bord à quel moment il doit colorier la zone travaillée, car ceci ne se fait pas automatiquement lorsque l’on active l’autoguidage. Il faut donc retourner dans un autre menu, et donner la consigne au tracteur de colorier en vert automatiquement lorsque le relevage se retrouve en bas. Les dessins n’étant pas forcément très clairs lors de la première utilisation, il nous a fallu revenir deux fois faire cette étape. En effet, la première fois, le coloriage ne se faisait que lorsque le relevage était en haut."

Une fois ce petit désagrément passé, l’heure est venue de voir ce que le M7 a dans le ventre. Et les premiers tours de roues sont à la hauteur des attentes : "Il n’y a pas de souci, le tracteur emmène sans problème le déchaumeur à disques à la vitesse cible de 12 km/h, à un régime moteur stable autour des 1 200 tours/min, constate Julien Guéret. Le moteur est vraiment coupleux. Même si je démarre bas dans les tours en début de ligne, il reprend rapidement son régime de croisière, sans problème. Mais c’est vrai que lorsque je relève l’outil sur les bouts, le tracteur à tendance à décoller un peu de l’avant."

Des reprises de lignes efficaces

Si le Gaec de Chavigny réfléchit à investir dans de l’autoguidage depuis quelques années, le pas n’a pas encore été franchi. "Nous venons d’investir dans un semoir semis direct de 6m de large, notamment pour implanter en direct les couverts végétaux directement après la moisson. Alors l’autoguidage est un outil qui nous tente réellement, confirme Thierry Grolleau. Et après avoir testé pendant une semaine ce dispositif sur le Kubota, je suis encore plus convaincu de son intérêt ! Lorsque j’ai envoyé Julien déchaumer en travers une grande parcelle de colza, il a pu déchaumer dans les deux sens, en réalisant des lignes droites bien parallèles, en travaillant en planche par moments, ou en bande alternée le plus souvent mais toujours en emmenant une pleine largeur d’outils. En plus d’être très confortable pour le chauffeur, cela permet également de ne plus faire des demi-tours sur place, mais d’aller chercher un ou deux passages plus loin, afin de limiter le tassement sur les fourrières. Si ce n’est pas trop problématique l’été, avec la sécheresse, ce sera un vrai plus au moment des semis de blé dans nos terres argileuses."

Le guidage : indispensable pour le semis direct ?

Une fois les deux jours de déchaumage terminés, l’heure est venue d’atteler le semoir Sky de 3 m qui est utilisé en attendant la version 6 m qui devrait arriver prochainement sur l’exploitation. La parcelle à semer se trouve à 6 km du siège de l'exploitation, l’occasion pour Thierry Grolleau de tester le tracteur sur la route. "Des efforts pourraient être faits pour améliorer le confort en cabine, constate Thierry Grolleau. La suspension de cabine est dure, le tracteur bouge beaucoup !"

Si le M7 de 170 ch ne fatigue vraiment pas avec cet outil, ce n’est pas le but premier du test. 

"C’est un vrai test pour l’autoguidage ici, explique Thierry Grolleau. Semer en direct après la moisson est toujours compliqué. Ce type de semoir ne remuant pas ou peu de terre, il est difficile pour le chauffeur de se repérer dans la parcelle. Une erreur d’inattention, et il est facile de se perdre et de ne plus savoir ce qui est semé ou non. Avec l’autoguidage, en revanche, c’est vraiment un jeu d’enfant ! Et les reprises de lignes sont vraiment efficaces sur le Kubota. Même si j’enclenche l’autoguidage pendant le demi-tour, alors que je ne suis qu’à 60 cm de ma ligne de référence, le tracteur va rapidement finir seul la manœuvre et s’aligner correctement. Les bouts de lignes sont vraiment plus propres que lorsque nous faisons cette manœuvre manuellement. Mais il faut être habitué à ne plus toucher le volant du tout lors du semis. En effet, la moindre intervention, même légère, sur celui-ci coupe l’autoguidage sans prévenir, c’est perturbant au départ."

Si les essayeurs sont ravis du M7 autoguidé pour semer les cultures intermédiaires à valorisation énergétique, une petite ombre au tableau persiste. "L’abaissement du semoir se fait hydrauliquement, explique Thierry Grolleau. Encore une fois, nous avons eu un petit souci avec le coloriage des zones travaillées ou non sur le GPS. Je n’ai jamais réussi à faire colorier la carte lorsque je baissais le semoir, alors que cela marchait très bien la veille lors de la première parcelle. Cela doit être une manipulation à faire dans la console, mais je ne l’ai jamais trouvée. Cela ne m’a pas empêché de réaliser une journée complète de semis, sans fatiguer !"

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