Entre Noël et la Saint Sylvestre, un Deutz-Fahr Série 5G avec chargeur a été déposé près des chaussons d’un agriculteur du Lot. Habitué depuis quelques années au télescopique, il s’est empressé de le remplacer par le tracteur tout juste sorti de l’usine. Une façon osée de chercher les limites d’un tracteur qui se doit d’être un vrai couteau suisse. Entre Noël et la Saint Sylvestre, un Deutz-Fahr Série 5G avec chargeur a été déposé près des chaussons d’un agriculteur du Lot. Habitué depuis quelques années au télescopique, il s’est empressé de le remplacer par le tracteur tout juste sorti de l’usine. Une façon osée de chercher les limites d’un tracteur qui se doit d’être un vrai couteau suisse.

Dès le début de l’essai, la compacité et l’agilité du 5G sont mises à l’épreuve. C’est un chantier de curage de bâtiment qui l’attend. Aménagé en bergerie pour béliers, l’ancien hangar est habituellement nettoyé au télescopique. L’entrée est basse (2,8 m) et les premiers passages ne manquent pas de donner quelques sueurs aux spectateurs. Depuis la cabine, la vitre de toit suffit à voir qu’il n’y aura pas de choc ; la hauteur du tracteur est annoncée à 2,75 m (gyrophare replié). Le bloc moteur FARMotion libère les 106 chevaux sans faiblir et en douceur pour attraper le fumier. Notre agri-essayeur et son père ne manquent pas de souligner le confort en cabine et le comportement rassurant de l’ensemble.  Nicolas Bousquet en identifie rapidement la raison : « La fourche STOLL est très bien suspendue. On a rajouté 700 kg de masses sur le relevage arrière et le comportement inspire vraiment confiance. Je n’ai pas eu peur de secousses intempestives au passage de la porte. Aucune crainte, même en roulant dans le pré avec la fourche pleine et levée à fond. » Pourtant, l’engin ne dispose pas d’un pont avant suspendu (disponible sur la série 5). Le modèle d’essai n’est pas équipé de la démultiplication des tours de volants SDD mais est jugé maniable, d’autant plus que les butées de direction n’étaient pas au maximum.

 

Un cœur simple, et puissant !

Côté moteur, le 5110 G (GS) crée la surprise. « Il n’y a pas d’AdBlue ! En élevage, et surtout en hiver quand le moteur est froid, c’est très intéressant. Quand notre tracteur travaille quelques dizaines de minutes matin et soir, on voit la jauge de l’additif descendre rapidement. » explique Nicolas Bousquet. Ce point fort à l’utilisation est présent sur les modèles 3 cylindres (80 et 90 ch) et les 4 cylindres (100 et 110 ch). Seul le modèle 120 ch n’a pas cet avantage. Selon l’essayeur, le moteur ne manque pas de couple. Conçu par le groupe Same Deutz-Fahr, il affiche 3,8 litres de cylindrée. C’est lors d’un voyage avec l’épandeur qu’il a montré ses capacités sur ce modèle qui n’avait pas le freinage pneumatique (optionnel). « J’ai surtout apprécié le frein moteur en descente, il y avait à peu près 14 tonnes derrière et il faut pouvoir les retenir. D’autres tracteurs, avec des moteurs plus petits ont tendance à monter trop haut dans les tours que ce soit en descente ou en montée. » constate l’éleveur avant de compléter :

Son gros moteur, au vu du gabarit, reste un élément appréciable, il arrive à reprendre en côte !

Nicolas Bousquet

Tout au long de l’essai, cet aspect du tracteur n’a jamais pu être minoré. Chargeur posé au sol, l’accès au compartiment moteur reste convenable pour souffler les filtres ; il y a de l’espace. 

Confort et visibilité appréciée

Après plusieurs heures d’utilisation, le verdict est globalement positif à propos de la cabine et les reproches sont rares. Ainsi, selon les essayeurs, le siège passager peut gêner la descente pour les grands gabarits. Mais sans l’avoir beaucoup pratiqué, ils louent sa grande taille. Un plus quand on a un passager qui n’est pas un enfant. Pour le conducteur, le confort découle de la suspension de cabine Hydro Silent Block qui diminue les vibrations. 

La visibilité est très bonne. On est près des roues et on appréhende bien le gabarit du tracteur. 

Bernard Bousquet

L’ouverture du pare-brise est soulignée comme un atout même si un peu de rêverie au chargeur pourrait le casser du fait d’un entrebâillement très généreux. Comme à l’avant, l’arrière de la cabine 4 montants ne souffre d’aucun reproche. « La visibilité pour atteler est bonne. La présence des rétroviseurs grand angle nous a bien aidé à situer les roues lors des manœuvres. Lors des semis, cela apporterait un confort notable. » assure Nicolas Bousquet. Le placement de l’inverseur électrohydraulique apporte de la confusion avec les clignotants (l’habitude d’une autre marque). Un détail qui n’empêche pas les essayeurs d’apprécier les 5 niveaux de réactivité réglables sur le levier. Les jours raccourcis de l’hiver ont révélé un éclairage fourni et puissant. Les 8 phares répartis entre la calandre, les montants et le toit suffisent pour un travail nocturne.

Transmission efficace et enrichie

Les nombreuses possibilités du tracteur se retrouvent aussi dans la transmission. Disponibles en nombre, les vitesses bénéficient d’un étagement qui n’attire pas de critiques négatives. Certains points clés de cette 60+60 font mouche pour l’éleveur.

Il y a beaucoup de rapports disponibles entre 6 et 12 km/h. C’est cette plage-là qu’il faut privilégier dans nos travaux. Avoir 5 vitesses avec 3 powershift, c’est au final mieux que certaines boîtes robotisées qui souffrent d’un étagement mal situé. Les super-rampantes peuvent nous servir lors du travail au broyeur à cailloux. 

Nicolas Bousquet

Lors des manœuvres, Nicolas Bousquet utilise la fonction Stop & Go. Elle autorise l’arrêt du tracteur avec la pédale de frein sans débrayer. Le maintien d’un régime moteur élevé (possible avec un bouton mémoire) pour que le chargeur réagisse plus vite contrarie cependant son utilisation. C’est pourquoi, il recommande d’opter pour la pompe hydraulique à 90 l/min (60 l/min sur le modèle d’essai) qui devrait valoriser cette fonction « bien calibrée et progressive. » Autre particularité appréciée, les boutons powershift répliquées sur le levier du chargeur, lui-même jugé bien intégré à l’accoudoir. S’il est impossible d’égaler une transmission continue sur ses qualités intrinsèques, la mécanique bonifiée par Deutz-Fahr se défend facilement. 

Le 5G a du potentiel

Sans l’avoir brutalisé, il faut reconnaître que le rythme a été soutenu pour le tracteur. L’épandeur, plutôt surdimensionné, a révélé les vertus de la motorisation. Au final, la recherche des limites aide Nicolas Bousquet à dresser le portrait du 5G plus que parfait : « Le fumier était plutôt léger mais si j’avais eu du compost à épandre, il aurait fallu des masses de roues pour accroître la motricité. Au champ et sans fourche, la présence d’une bonne masse à l’avant aurait été indispensable. Ce qui implique l’ajout d’un relevage frontal. » Ce dernier accepte jusqu’à 2,1 tonnes. L'utilisateur peut lever 4,5 tonnes à l’arrière. La capacité maximale sur le modèle 5120 G atteint les 5,4 tonnes ! L’éleveur verrait d’un bon œil la présence « d’une prise de force 1000 ECO (option) et d’un crochet automatique. Le tracteur de ferme ne fait que dételer/atteler, tous les jours. Avec un 3ème point hydraulique, on serait au summum et il suffirait de garder un gros tracteur pour les travaux lourds. » L’éleveur voit bien ce tracteur œuvrer lors de la fenaison mais aussi à préparer le sol et semer. Le souhait des masses de roues peut être exaucé ; le constructeur en propose de 50 jusqu’à 200 kg dans un catalogue d’options riche. Il suffit à donner à la machine un profil qui conviendra à de nombreux usages. Au champ ou à la ferme, l’agilité et le moteur du 5G restent les deux caractéristiques qui peuvent le placer au-dessus de la mêlée dans de nombreuses situations !

  La page d'information du constructeur   La fiche technique du modèle essayé

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