En 2020, confinement oblige, pas de feu d’artifice pour le 14 juillet. Mais pour combler le manque, Deutz-Fahr nous proposait d’essayer le 6185 TTV, qui recevait pour l’occasion autoguidage et demi-tour automatique.

 

Ce 13 juillet 2020 ne ressemblait à aucun autre 13 juillet, dans le nord des Deux-Sèvres. Si d’habitude, la moisson bat son plein, cette année est bien différente à l’heure de réceptionner notre tracteur d’essai. Les moissons de blé sont finies depuis 3 ou 4 jours déjà, la paille brille par son absence, tout comme les rendements d’ailleurs, et le sol sec rend difficile voire impossible tout déchaumage. Mais pas d’inquiétude, nous allons réussir à trouver des occupations à notre tracteur de test. D’ailleurs, à peine descendu du camion du transporteur, Mariannick Grolleau, accompagné de Julien Guéret, apprenti au sein du Gaec de Chavigny, attelle le plateau, pour aller ramasser les dernières bottes de paille qui restent dans les champs. Pour nos essayeurs, qui n’en sont pas à leurs premiers tests, pas de problèmes pour prendre en main le tracteur, même si la mise en route par le constructeur n’a pas encore été faite. 

 La prise en main se fait assez simplement, explique Mariannick Grolleau. La variation continue simplifie forcément l’exercice. Mais l’environnement du tracteur est plaisant. Il y a juste l’accès en cabine que je trouve assez compliquée, le siège passager gène un peu, il faut se contorsionner légèrement. 

Un frein moteur performant

Une fois le premier plateau chargé, l’heure est venue d’aborder la descente pour rejoindre la ferme.

 C’est la première bonne surprise de ce test, confirme Mariannick, la transmission à variation continue est souple et efficace. Et surtout, il n’y a pas besoin de beaucoup solliciter les freins pour ralentir le convoi. Le frein moteur est efficace ! 

Après une journée de transport, les champs sont enfin vides, Julien Guéret peut alors atteler le déchaumeur à disques indépendants de 4 m, fixe, pour aller niveler les passages de pulvérisateurs, afin de faciliter l’épandage de digestat durant l’été. Thierry Grolleau, notre essayeur, préfère jouer la sécurité et décide d’atteler la masse de 500 kg à l’avant du tracteur

 Même si le tracteur semble lourd, nous allons intervenir en conditions compliquées, la masse frontale ne sera sans doute pas de trop, estime notre agriessayeur. » Et après quelques tours de roues, Julien Guéret confirme la bonne intuition : « Cela soulage bien le tracteur, qui a tendance à lever légèrement de l’avant lorsque l’on remonte le relevage. 

Un code couleur pertinent

Ces premiers déchaumages vont être l’occasion pour Julien Guéret de prendre en main pour la première fois le tracteur. 

L’accoudoir n’est pas surchargé, c’est agréable. Et surtout, les codes couleur permettent de trouver intuitivement les bons boutons. Tout tombe bien sous la main, il n’y a rien à redire de ce côté. Concernant le joystick, la forme est agréable, et les boutons sont idéalement situés. Là encore, les codes couleur aident bien. Orange pour la transmission, vert pour le relevage et bleu pour l’hydraulique. En un coup d’œil, il est facile de se repérer. Après moins d’une heure sur le tracteur, les automatismes sont déjà là. 

Pour Thierry Grolleau, qui va aller déchaumer une parcelle en vue d’y implanter un colza, ce code couleur va relever son importance. 

Cela facilite vraiment la compréhension des réglages, confirme l’exploitant. Sur de nombreux tracteurs, seuls les boutons de gestion de la prise de force sont jaunes, tous les autres sont gris ou noirs, en fonction des constructeurs. Là, tout est bien coloré, c’est simple de s’y retrouver. J’ai en revanche été très surpris de constater qu’il n’est pas possible de gérer la transmission avec le joystick. Autant sur la route, je suis habitué à la conduite à la pédale, autant je préfère passer au joystick une fois rendu dans la parcelle, pour gagner en précision. Mais chez Deutz-Fahr, la conduite se fait uniquement à la pédale, c’est dommage. 

Une prise en main du GPS timide

Une fois le tracteur arrivé dans la parcelle de 6 ha, l’heure est venue de régler le GPS pour le tester. Direction l’écran de 12 pouces de l’iMonitor pour régler le guidage en trois étapes. Dans un premier temps, l’utilisateur doit créer la parcelle. Puis vient ensuite le moment de créer la tâche, en réglant les paramètres de l’outil notamment, et enfin la création des lignes. 

Je suis équipé d’une autre marque depuis 4 mois sur mon tracteur de tête, et j’estime que les réglages sont moins intuitifs ici, analyse Thierry Grolleau. Les dessins ne sont pas parlants, je suis obligé de cliquer sur toutes les icônes pour comprendre de quoi il s’agit. Cela pourrait être un peu plus ludique. De même, je suis habitué à avoir un écran dédié à la gestion du tracteur, et un autre écran uniquement pour le guidage. Je trouve que tout avoir sur un même écran, même s’il est grand ici, est perturbant. Certaines informations doivent être directement accessibles, sans avoir à aller changer dans le menu. »

Pour cela, Deutz-Fahr propose la fonction XTend, dont notre tracteur d’essai n’était pas équipé. Ainsi, l’iMonitor permet de visualiser les fonctions du tracteur, et un iPad en cabine permet d’avoir le guidage et l’Isobus.

Un demi-tour qui simplifie la vie

Pour notre essai, l’équipe de Deutz-Fahr France nous avait débloqué le demi-tour automatique. Au moment de l’utiliser, un petit appel au constructeur est nécessaire pour s’en servir. 

Finalement, lorsque l’on comprend la logique, c’est assez simple, constate l’exploitant après coup. Au moment de la création du champ, il faut faire le tour de sa parcelle en tracteur, pour que le guidage enregistre les tournières. Puis, je viens préciser au système le nombre d’andains que je souhaite laisser en bordure, quatre dans mon cas. Une fois cette étape finie, j’ai juste à aller prendre une ligne dans la parcelle, et à baisser mon outil. Avant de partir dans le champ, nous avions enregistré une séquence de bout de champs toute simple, me permettant simplement d’activer puis de désactiver le guidage. Ainsi, je peux gérer l’autoguidage directement depuis le joystick, sans avoir à aller sur l’écran de contrôle. 

Après une petite demi-heure de réglages, l’heure est venue de passer aux choses sérieuses. 

Il faut du temps pour tout configurer au départ, mais une fois que tout est bien réglé, c’est hyper-confortable, note Thierry Grolleau. 150 mètres avant le bout du champ, une alarme m’avertit. Je peux alors choisir de quel côté je veux effectuer mon demi-tour, et si je veux travailler la ligne à côté, ou sauter une ou deux lignes. Dans ma parcelle, j’ai préféré travailler une ligne sur trois, pour ne pas faire des demi-tours trop serrés. Le système sautait directement deux lignes à chaque fois, et revenait sur ses pas à la limite de la parcelle. À aucun moment, le chauffeur ne doit intervenir sur la direction, il a juste à lever et baisser l’outil au bon moment. Et encore, cela doit être paramétrable dans la console j’imagine, mais je n’ai pas été jusqu’à ce niveau d’automatisation. 

Rester vigilant malgré les automatismes

Cependant, le chauffeur doit rester vigilant tout de même. Pour preuve, un poteau était présent en bordure de parcelle. 

« Le tracteur allait chercher assez loin pour faire les demi-tours. D’un côté, il y avait un chemin, ce n’était pas dérangeant. Les roues du tracteur venaient légèrement mordre sur celui-ci, donc le déchaumeur passait largement sur le chemin. Si la limite de parcelle avait été un mur, cela aurait été problématique ! En revanche, de l’autre côté du champ, c’était une route qui faisait office de limite. Et un poteau électrique était présent. L’ensemble est passé sans encombre, mais j’ai préféré réaliser ce demi-tour au ralenti, par précaution. Je pense que cette anticipation du demi-tour se règle dans l’iMonitor, mais je n’ai pas trouvé comment. Si j’avais eu une autre parcelle à faire, je pense que j’aurais légèrement triché au moment de définir les tours de champs, pour me garder une marge de sécurité et faire les demi-tours sans encombre. » 

Un comportement agréable sur la benne

Le temps sec ne nous permettant pas de continuer les déchaumages, retour au Gaec de Chavigny pour atteler la benne Coutand de 21 tonnes. 

Je dois livrer une remorque d’ensilage de méteil à la méthanisation, puis transporter tout le digestat que l’on a stocké cet hiver sur notre plateforme en bout de champs, nous explique Thierry Grolleau. Au transport, la première impression ressentie par Mariannick Grolleau se confirme : Le tracteur est souple sur la route, la cabine est silencieuse, confirme notre essayeur. La transmission TTV est simple à prendre en main. Une molette derrière le joystick permet de régler la vitesse cible à atteindre. C’est assez simple de passer de 20 km/h dans les zones dangereuses comme les ronds-points à une vitesse plus élevée lorsque le terrain le permet. 

Après une semaine de travail, l’heure est venue de rendre le tracteur et de faire un dernier bilan avec Thierry Grolleau. 

Globalement, je suis assez surpris par ce tracteur. Derrière son joli design, on sent qu’il a été conçu pour faciliter la prise en main par des chauffeurs qui ne connaissent pas la marque. Après, je trouve vraiment dommage d’avoir une variation continue et de ne pas pouvoir conduire au joystick. C’est le plus gros point noir du tracteur pour moi. Mais globalement, il est agréable à conduire, et assez sobre en ce qui concerne la consommation ! 

 

AGRICULTURE DE PRÉCISION : Modulation de dose, coupure de sections, Isobus disponible sans code
C’est une stratégie peu courante dans le monde du guidage. Chez Deutz-Fahr, les clients  qui choisissent un iMonitor 12 pouces comme celui de notre essai n’ont pas grand-chose à débloquer pour aller toujours plus loin dans l’agriculture de précision. « En effet, hormis le demi-tour automatique, qui nécessite un code de déblocage autour de 1 500 euros, tout est compris de base dans notre console, nous explique Nicolas Bedrune, chef de produits tracteur chez Deutz-Fahr France. La console est débloquée pour gérer la modulation de dose, la coupure de section (jusqu’à 200 tronçons pris en compte), l’Isobus, l’Isobus Aux/In… »

Gaec de Chavigny
Le Gaec de Chavigny compte deux associés, Marie-Laurence Grolleau et son neveu, Thierry Grolleau. Mariannick Grolleau, associé tout fraîchement retraité, continue de travailler sur l’exploitation pendant les pics d’activité. Le Gaec de Chavigny peut également compter sur la présence de Julien Guéret, en apprentissage. Côté production, le Gaec possède 250 hectares de céréales et une cinquantaine de vaches laitières. Cette production diminue actuellement, en préparation du départ en retraite de Marie-Laurence, prévu d’ici 3 ans.

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