Avec le semoir Axe-LS, deux petites sociétés de Vienne et d'Indre-et-Loire innovent sur le semis direct. Des disques inclinés et un système de bras poussés offrent une pénétration optimale avec un minimum de poids. Une première démonstration a eu lieu fin septembre, et une présérie est prévue pour 2021.

Si habituellement les constructeurs proposent leurs innovations aux agriculteurs, la démarche a été inversée avec la mise au point du nouveau semoir Axe-LS. « Ce sont des agriculteurs, notamment des bénévoles de l’Afdi Touraine impliqués au Mali, qui sont venus nous voir pour développer il y a une dizaine d’années des semoirs manuels avec le système de bras poussés développé par Anicet Marionneau du Cemagref », se rappelle Bruno Liaigre, de la société éponyme basé à Richelieu (Indre-et-Loire), spécialisée dans la conception d’outillages, d’usinage de pièces mécaniques de précision, mais aussi dans la fabrication d’arbalètes. Le concept a ensuite été développé avec Christian Savatier, de la société MCS dans la Vienne, en collaboration avec Terres Inovia, chargé d’organiser les tests comparatifs durant trois ans avec différents semoirs, du semis à la récolte avec suivi de levées d’adventice jusqu’au rendement. Les coopératives COC, Axéréal et Agrial ont également apporté leur soutien, dans leur recherche de nouvelles techniques culturales et de réduction des intrants. 

Un premier prototype est sorti en 2015, puis a été amélioré continuellement. Une première démonstration de la dernière version a été organisée fin septembre 2020 sur la commune de Cigogné, au sud-est de Tours. Objectif : présenter le système aux agriculteurs, et valider la robustesse du matériel avant sa diffusion progressive. Une présérie est prévue pour 2021.

3m pour 2,8t

Le modèle Axe 3000 présenté, de 3 m de large pour 2,8 t, dispose d’une double trémie (possibilité de semences multiples ou d’apport d’engrais), de deux rangées d’éléments semeurs espacés de 18,5cm constitués de roues à bandage en caoutchouc pour régler la profondeur de semis, de disques semeurs inclinables de 47 cm de diamètre suivis de peignes, et enfin d’un rouleau de 350 kg. L’innovation principale du semoir dédié à l’agriculture de conservation réside dans ses éléments semeurs avec des disques inclinables (réglage manuel de 5 à 20°) montés sur des bras poussés afin d’abaisser la puissance de traction nécessaire et le poids du semoir, tout en assurant la pénétration des disques semeurs dans le sol. 

Le semoir Axe-LS a été testé depuis 2015 dans divers types de sols, sur des semis de colza. « Nous avons ainsi pu éprouver le semoir en fonction de conditions plus ou moins favorables selon les années. La levée du colza est optimisée par un sillon de qualité, avec de la terre fine, et sans paille dans la raie de semis. Une chose est sûre, quelle que soit l’année, les rendements finaux étaient meilleurs ou identiques qu’en semis classique, jamais inférieurs », souligne Gilles Sauzet de Terres Inovia qui a suivi les essais comparatifs. L’enjeu est ainsi de régler au mieux l’inclinaison selon les contraintes de semis : 15° pour les semis de colza en fin d’été, et 5 à 7° pour les semis d’automne.

Robustesse 

Le semis direct avec Axe-LS permet une moindre levée des adventices en bougeant un minimum les résidus pailleux, et le montage en bras poussés permet d’avancer à 6 km/h avec une consommation identique à un semis classique après travail du sol, assurent les constructeurs. « La structure a été renforcée pour assurer la robustesse du semoir, ce qui explique le poids assez élevé de l’outil. En cas de choc trop fort, ce sont les quatre boulons de fixation des disques qui sauteront. Mais l’enjeu d’une bonne réussite du SD, c’est avant tout d’avoir de base une bonne structure du sol », rappelle Gilles Sauzet.

Actuellement proposé en 3m, le semoir Axe-LS pourra également être vendu en 3,5 m et 4m, avec la possibilité de trémie frontale. « Le seul frein pour de grandes largeurs résidera dans la capacité à transporter le semoir sur les routes, et non la puissance de traction nécessaire », précisent les constructeurs. 

Si le schéma de construction-distribution de l’innovation n’est pas encore calé, Christian Savatier et Bruno Liaigre cherchent pour le moment quelques agriculteurs motivés, dans un rayon de 150 km autour de leur secteur, pour utiliser le semoir en conditions réelles, et finaliser les dernières améliorations. Le prix d’achat avoisine les 15 000 euros du mètre, soit 45 000 euros HT pour le semoir présenté de 3m. 

Commentaires

  •  Michaud Eric  lun, 09/11/2020 - 19:15

    Monsieur, Ayant travaillé comme inspecteur commercial pour des constructeurs de semoirs, je suis intéressé de vous rencontrer pour vous donner mon avis et le faire découvrir si vous avez besoin d'une personne sur le terrain. Mon tel: 0615386065 Merci d'avance. Cordialement Éric Michaud

  •  Thierry  mar, 10/11/2020 - 09:10

    Je trouve c prix abusif pour un semoir 3m... qui a l'heure actuelle à le moyen de mettre de telle somme pour des personnes qui non pas de très grande surface.. Je serai curieux de connaître le prix de revient à la fabrication....

  •  Badaboom  mar, 10/11/2020 - 14:21

    Le prix est indexer sur celui d'un combiné de semis classique tout simplement. Avant c'était le prix d'un 4m maintenant 3m, si des gens achètent pourquoi pas.

Poster un commentaire

Produits à comparer