Après avoir été le premier constructeur à lancer de série un tracteur agricole équipé de quatre roues motrices avec le Same DT 25 en 1952, et à produire un tracteur à quatre roues motrices avec arbre de transmission central en 1965, Same enrichit aujourd'hui les tracteurs spécialisés d'une technologie jusqu'à présent inédite dans ce secteur. En effet, jusqu'à aujourd'hui, les quatre roues directrices étaient uniquement utilisées, dans le domaine agricole, sur les chargeurs télescopiques et, dans de rares cas, sur des tracteurs agricoles en grandes cultures ou en élevage.

Same a réussi à introduire cette technologie en maintenant les valeurs de largeur de voie et d'empattement identiques à celles des versions équipées de pont arrière traditionnel. 

La technologie à quatre roues directrices offre, en plus d'augmenter la maniabilité, une plus grande sécurité par rapport aux autres systèmes. Grâce au nouveau pont arrière, les roues arrière peuvent, elles aussi, atteindre une inclinaison de plus ou moins 20°. De plus, leur position est contrôlée par un boîtier électronique qui permet également à l'opérateur de choisir parmi trois modalités de fonctionnement. À savoir : 

- le mouvement des roues arrière proportionnellement à celles avant, ce qui est utile afin de réduire significativement le rayon de braquage sans compromettre la stabilité de la machine ;

- la modalité « crabe », utile notamment lors du travail dans les cultures en courbes de niveau le long des lignes inclinées, mais aussi en cas d'applications de mouvement avec élévateurs dans des espaces restreints ;

- le mode « delayed », par lequel le braquage advient dans tous les cas proportionnellement à celui des roues avant, mais avec un léger retard. En effet, cette fonction se révèle très utile pour le travail avec des remorques attelées qui, grâce à cette fonctionnalité, ne réduisent plus le rayon de braquage par rapport au tracteur qui les précède. 

En plus de ces trois modalités de commande automatisées, il est également possible de gérer manuellement l'angle de braquage des roues arrière ainsi que de les bloquer au besoin, afin de compenser le glissement en aval du pont arrière dans les pentes, ou encore de les bloquer en position centrale pour le transport sur la voie publique. 

 

Un projet de longue date

Same a présenté l’ActiveSteer le 12 juillet 2019, à l’occasion des méKanic Charentes Power. Cet évènement à grande échelle était l’occasion de fêter les six ans de l’implantation de la filiale française du groupe dans la région de Cognac. 

À cette occasion, et chose rare dans le milieu, l’ingénieur en charge du développement des ponts et des transmissions à variation continue pour le groupe SDF s’est déplacé en France afin de détailler les dessous d’une telle innovation. Ainsi, Laurent Heraudet, qui travaille au bureau d’études à Tréveglio depuis 1992, a pu nous présenter en exclusivité les premiers dessins, ainsi que les différentes étapes du processus de développement d’une telle innovation. 

Pour prendre un exemple concret, le projet CVT a débuté dès 2002 chez Same. Partis d’une feuille blanche, Laurent Heraudet et son équipe ont réalisé le premier schéma fonctionnel, puis, une fois validé, sont passés au schéma constructif. C’est à cette étape que les premiers chiffrages sont apparus. En effet, le choix des composants est primordial, tout se décide ici. Viennent ensuite les premiers dessins 2D puis 3D pour valider la théorie, et, enfin, l’arrivée du premier prototype. L’occasion pour le public présent de prendre conscience que ces « simples » étapes représentent tout de même une année et demie de travail ! 

Le premier prototype est sorti en 2004, après les différentes étapes citées ci-dessus. Pendant trois ans, des tests ont été réalisés pour valider la théorie, et pour confirmer le bon fonctionnement de la transmission à variation continue. Cependant, avant de lancer l’industrialisation, il a notamment fallu créer une nouvelle chaîne de montage et former tout le personnel. C’est ainsi que les premiers tracteurs équipés de transmissions à variation continue sont sortis de l’usine en 2008, soit six ans après le début du projet. Entre-temps, le produit a évolué pour répondre aux besoins des clients. Ainsi, par exemple, la rotation du groupe hydrostatique, initialement prévue à 3200 tr/min est passée à 3900 tr/min, tandis que la vitesse de rotation de la sortie de boîte est passée de 6200 tr/min à 7000 tr/min ! 

 

 

 

 

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