Après les démonstrations des châssis Boisselet, Braun, Solemat, Riieri et Clemens à la journée ATV49 du 20 juin sur le désherbage mécanique du cavaillon au domaine de Bise à Martigné-Briand (Maine-et-Loire), en présence de 160 personnes, l’enjambeur électrique Beagle de l’entreprise Saudel étonne par son absence totale de bruit. Un silence apprécié, et un travail de désherbage réussi, pour le prototype équipé d’interceps EcosatelYt Léger. Développé depuis un an et demi, cet enjambeur électrique de 2,7 t avançant à 4 km/h lors de la démo, est à l’essai dans deux domaines du Sud-Ouest, afin d’intégrer rapidement des améliorations en vue d’une commercialisation début 2020. Une commande a déjà été passée par un acheteur, non viticole glisse Éric Saudel, gérant de la société éponyme basée dans le Lot-et-Garonne et qui développe et fabrique des outils agricoles. La naissance du Beagle est plutôt originale, explique son concepteur :

À la base, j’ai conçu un enjambeur électrique pour un producteur de fraises cultivées sur buttes hautes sous serres, où il n’était pas possible d’utiliser un enjambeur thermique traditionnel. Mais finalement, il s’est rendu compte que l’enjambeur ne passait plus une fois les buttes mises en place, alors je me suis retrouvé avec ce prototype sur les bras. Je l’ai présenté lors du Vinitech-Siffel 2016, puis au Sival 2017, et quelques vignerons s’y sont intéressés ! Les gros enjambeurs électriques vendus 300 000 euros ne sont accessibles qu’aux très gros domaines. Avec le Beagle, nous pourrons toucher des domaines plus modestes. 

Le cahier des charges validé par le concepteur était de faire du binage sur un rang complet à la fois. "Cela permet d’avoir une meilleure vision pour travailler le sol, avec plus de confort car vous n’êtes plus obligé de tourner la tête en permanence, et de ne pas jeter de la terre d’un côté pour la rejeter de l’autre comme lors du binage habituel du cavaillon par demi-rang."

Pour le moment équipé de batteries au plomb (6 h 30 à 9 h d’autonomie selon le type de travail), le Beagle pourra être équipé à l’avenir de batteries au lithium plus performantes. Autres améliorations prévues dans la version définitive : l’intégration d’un système d’autoguidage, une prise hydraulique pour l’autocentrage et le relevage arrière, un poids allégé avec possibilité de masses supplémentaires pour réaliser le binage. 

Le prix annoncé est de 50 000 à 70 000 euros, en fonction essentiellement du type de batteries choisi (plomb ou lithium). Pour Éric Saudel, qui s’est engagé dans le Cluster machinisme basé à Nérac, l’objectif est désormais de trouver des partenaires financiers et techniques pour le développement futur du Beagle.

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