John Deere et Michelin ont collaboré ensemble, fin 2020, afin d’organiser des tests comparatifs entre tracteurs de forte puissance à pneus et à chenilles. Chacun ayant ses avantages et inconvénients, le choix dépendra surtout de la configuration de l’exploitation et des travaux à effectuer.

L’objectif de cette campagne de tests, menée sur un mois par les équipes de recherche Michelin au centre de Ladoux, à Clermont-Ferrand, était d’obtenir des résultats de performances précis afin de conseiller au mieux les utilisateurs dans leur choix d’équipement. Pour effectuer ces tests, John Deere a mis à disposition trois tracteurs : 8R, 8RT et 8RX, d'une même puissance de 410 chevaux. Plusieurs performances clefs ont été analysées durant ces tests : traction, consommation route et champs, préservation des sols, tenue en dévers ou encore confort.

 

Les configurations 

Pour les 8R, quatre configurations différentes en Axiobib 2 ont été testées, mais tous possédaient à l’avant des Axiobib 2 VF 650/60 R34. Seule la monte arrière changeait :

  • un 8R VF 710 lestage léger (15,5 t)
  • un 8R VF 710 jumelé lestage léger (17 t)
  • un 8R VF 710 lestage lourds (18 t)
  • un 8R VF 900 lestage lourd (18 t)

 

Un 8RT en chenilles Camso 760 mm (17,5t)

Un 8RX en chenilles Camso 600 mm avant et 760 mm arrière (20,5 t)

Tous possédaient une transmission powershift robotisée E23.

 

La traction

Les essais ont été conduits dans trois parcelles différentes : deux de chaumes de maïs (l’une avec un sol argileux, l’autre avec un sol sablo-limoneux) et une parcelle déchaumée, avec un sol plutôt meuble. Les résultats entre les trois sols ne montrent pas de différences dans le classement. En résumé, la traction est supérieure en faveur du concept chenilles par rapport aux roues. Le 8RX et ses quatre chenilles se plaçant au-dessus du 8RT à deux chenilles. Ces essais mettent aussi en évidence l’importance du bon lestage d’un tracteur à roues, avec un écart de traction de près de 10% supérieur pour un tracteur lourd, face à son équivalent plus léger. Enfin, le jumelage, comme le lestage, améliore également les capacités de traction. L’écart étant de plus de 14% entre une configuration à pneus simples, et un jumelage arrière. Les équipes supposent que le jumelage avant améliorerait encore le résultat.

 

La consommation au champ

L’écart de consommation, en l/ha augmente pour le 8R par rapport aux modèles à chenilles, à mesure que l’effort de traction augmente. Un écart qui s’explique par le taux de patinage plus élevé que celui des tracteurs à chenilles. Il s’agissait ici de la version à pneus simples, en VF 900/60 R42 lestage lourd. Michelin et John Deere ont retenu cette déclinaison à pneumatiques larges, car plus fréquente sur le marché français.

 

La Compaction

Les résultats présentés concernent la mesure de la compaction du sol à 20 cm de profondeur avec des sondes. Un jumelage sera plus respectueux pour le sol qu’une monte large simple. Néanmoins, il sera plus contraignant pour les déplacements routiers par exemple. Par ailleurs, les essieux avant génèrent une compaction supérieure aux essieux arrières, hormis pour le 8RX, où la compaction est similaire entre avant et arrière. Ce qui montre un bon rapport entre les surfaces au sol et le poids à l’essieu. Pour les pneus, les experts recommandent d’éviter de transporter du poids inutilement. Combiné à un jumelage intégral, on obtient ainsi la meilleure performance. De plus, augmenter la largeur amène là aussi un gain supplémentaire. Les chenilles, malgré des poids importants, permettent, grâce à leurs longueurs d’empreintes, d’être proches des solutions jumelées sans contraintes d’encombrement.

 

La consommation sur route

Ce paramètre a été mesuré en réalisant plusieurs dizaines de kilomètres sur pistes sans s’arrêter. Chaque tracteur roulait seul, sans outil attelé et à sa vitesse maximale. Les consommations ont été ramenées au litre pour 100 km. La solution pneumatique reste polyvalente, entre usage champ et route, grâce à une consommation assez faible au transport. John Deere évoque une masse et un nombre de pièces en rotation supérieurs pour les deux tracteurs à chenilles.

 

Le comportement en dévers

Ici ont été testés le 8RT, le 8RX et le 8R en VF 900/60 R 42 lestage lourd. Ils tractaient un outil à dents de 6 m dans un couvert humide, et avec une pente de 20 à 25%. Un passage était effectué face à la pente, un autre dans le sens de la pente. Seul le 8RX a été capable d’aller jusqu’en haut de la pente. Idem dans le sens de la pente, où c’est le seul à ne pas avoir décroché. Le constructeur justifie ce résultat par le fait que les chenilles sont réparties sur quatre points d’appui.   

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