Même quand les bases techniques sont acquises, il reste difficile de bien choisir ses pneumatiques, car ce choix est à faire en fonction des travaux que sera amené à faire le tracteur. En effet, un tracteur qui fera essentiellement du labour, ou du transport, ne sera pas du tout chaussé de la même façon qu’un tracteur qui servira essentiellement à faire du travail du sol ou du semis.

« Jouer avec la série permet d’avoir un pneu plus large à diamètre identique, rappelle Stefan Denayer, responsable formation pour Bridgestone Europe. Ceci aura une conséquence directe sur la compaction du sol. La série 85 est la série la plus petite en largeur. La série 70 est une série polyvalente, pour faire du transport, mais également un peu de travaux dans les champs. Si l’agriculteur souhaite vraiment limiter la compaction du sol, il devra passer sur une série 65 ou XL, qui sont nos pneus grand volume. »

La technologie VF ou IF pour aller plus loin

Mais agrandir la taille des pneumatiques est une option qui a des limites. Pour aller encore plus loin, les manufacturiers ont développé les technologies IF, puis VF.

« Ce sont des technologies qui permettent aux flancs du pneumatique de gagner en flexion, détaille Stefan Denayer. Lorsque le flanc fléchit bien, l’empreinte devient non pas plus large, comme beaucoup peuvent le penser, mais plus longue. C’est le plus grand bénéfice de ce type de pneumatique. Quand, pour un même poids, on peut atteindre une empreinte au sol plus grande qu’un pneu standard, on gagne à la fois en traction, mais aussi en respect du sol. La consommation sera également réduite. »

Les technologies IF et VF sont normalisées par l’ETRTO. Cette normalisation permet que tous les pneumatiques IF et VF issus des différents constructeurs respectent un certain nombre de points techniques.

 IF signifie Increased Flexion, explique Myriam Campello, chef de produit agricole Bridgestone France et Benelux. L’idée est d’aller gagner en capacité de charge. VF, de son côté, signifie Very High Flexion. Cette technologie a également comme objectif de gagner en capacité de charge, mais aussi de mieux respecter le sol, en augmentant l’empreinte. Ces types de pneumatiques permettent une double stratégie pour l’utilisateur. S’il conserve la même pression qu’un pneu standard, alors il pourra gagner de la charge. Mais si la charge ne varie pas, les technologies IF et VF vont permettre de baisser la pression. 

Jusqu’à 20 à 40  % de capacité de charge supplémentaires

Mais, concrètement, qu’apporte la norme IF ou VF à l’utilisateur ?

Prenons l’exemple d’un pneu standard capable de supporter 4  tonnes de charge à 65 km/h, illustre Stefan Denayer. Comme tous les pneumatiques standards, lorsque l’on réduit la vitesse, le pneu sait prendre plus de charge. Ce même pneumatique peut prendre un peu plus de 6  tonnes à 10 km/h. Ce qui compte réellement, c’est la capacité de charge à 30 km/h. Si l’on prend la technologie IF, la norme est claire : à 65 km/h, le pneumatique doit être capable de supporter un gain de charge jusqu’à 20  %. Le VF va aller encore plus loin, en allant chercher jusqu’à 40  % de charge supérieure à 65 km/h. Mais, à la différence d’un pneumatique standard qui va gagner en capacité de charge en réduisant la vitesse, les pneumatiques IF et VF n’auront pas de gain de charge en baissant cette vitesse. Une norme qui devrait arriver prochainement sur le marché, et qui devrait s’appeler VF+, permettra de gagner de la charge pour des vitesses inférieures à 10 km/h, qui correspond à des vitesses de travail dans le champ. 

Une nouvelle norme : NRO

Vous l’avez peut-être déjà vue passer, mais une nouvelle norme vient de naître, en parallèle des normes IF et VF. Il s’agit du sigle NRO, pour Narrow Rim Option.

 C’est une norme récente, explique Stefan Denayer. L’idée est de proposer à chaque agriculteur d’utiliser des pneumatiques IF et VF, tout en gardant les jantes déjà présentes sur le tracteur. Or l’ETRTO préconisait des jantes plus larges avec la norme IF ou VF. Ainsi, le sigle NRO permet d’identifier les pneumatiques qui peuvent être montés sur une jante plus étroite, sans phénomène de glissement du pneumatique sur la jante. 

Transmettre la puissance au sol

Sur un tracteur de 100 ch, quelle puissance va aller directement au sol ? Peu d’agriculteurs savent répondre correctement à cette question.

La puissance du tracteur n’est pas transmise à 100  % au sol, relate Philippe Salafranque, responsable technique Bridgestone France. De nombreux éléments du tracteur vont prendre de la puissance  : le refroidissement (de 3 à 6  %), l’échappement (de 2 à 5  %), la prise de force (de 6 à 10  %), la pompe hydraulique (de 2 à 4  %), et, enfin, la transmission (de 2  à  4 %). À ceci s’ajoutent la résistance des pneumatiques et le glissement, qui peuvent varier de 20 à 35  %. Ainsi, la puissance de traction réelle d’un tracteur sera comprise entre 30 et 62  %, selon ses équipements et des conditions d’utilisation. C’est pour cette raison que le choix du pneumatique sera primordial ! 

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