Maxime Maillard, exploitant à Nitry, dans l’Yonne, s’est récemment converti à l’agriculture biologique. Pour désherber mécaniquement ses cultures, il a opté pour une roto-étrille. Une machine qu’il juge polyvalente et adaptée pour le travail en présence de résidus végétaux. 

Suite à sa conversion en agriculture biologique en 2019, Maxime Maillard a dû repenser sa stratégie de désherbage et se tourner vers des solutions mécaniques. Pour lutter contre les adventices, il s’est équipé, en parallèle de ses outils de déchaumage à disques et à dents, d’une roto-étrille Einböck Aerostar-Rotation de 12 mètres de large. « J’ai fait ce choix car, étant en non-labour, mon objectif était de désherber en présence de résidus de culture, explique l’agriculteur. Dans mon cas, la roto-étrille me semblait moins prédisposée au ratissage des débris végétaux qu’une herse étrille. De plus, je connaissais un utilisateur de cette machine et comme je ne voulais pas trente-six outils de désherbage mécanique, cela me semblait un bon compromis entre une houe rotative et une herse étrille. » Un outil avec une certaine polyvalence, qui combine les avantages de la herse étrille avec ceux de la houe rotative et qui est aussi en mesure de désherber sur le rang. Comme pour tous les désherbages mécaniques, il faut un créneau météo qui offre du soleil et/ou du vent dans la journée qui suit l’intervention, afin qu’il n’y ait pas de repiquage des adventices. 

Une polyvalence dans les plages d’interventions 

Du point de vue de sa conception, la roto-étrille se compose d’étoiles de 500 mm de diamètre sur lesquelles sont intégrées des dents en acier de 6,5 mm de diamètre. Ces étoiles sont montées sur des bras individuels reliés au châssis. Elles sont inclinées dans un sens sur la moitié droite de la machine, et inclinées dans l’autre sens sur la moitié gauche. Au travail, cette inclinaison combinée à l’effet rotatif de l’étoile, procure plus d’agressivité qu’une herse étrille. « Concernant les réglages de l’agressivité, ils se jouent sur deux aspects : d’une part, via la pression sur les étoiles par des vérins hydrauliques. Cette pression peut être réglée plus ou moins fortement et en continu depuis la cabine. D’autre part, sur la vitesse d’avancement. Plus on évolue vite, plus le travail de la roto-étrille est agressif, précise Maxime Maillard. La vitesse dépend aussi du stade de la culture. Sur sol nu, on peut se permettre des vitesses de travail plus rapides que lors d’un passage dans une culture. »

Maxime Maillard utilise sa roto-étrille à différentes étapes de son itinéraire cultural. Il lui arrive d’effectuer un passage sur sol nu avant le semis afin de nettoyer la parcelle de ses adventices. « L’efficacité est vraiment bonne, notamment sur les géraniums, constate l’exploitant. L’action de la machine, au-delà de déraciner les adventices, retire toute la terre présente autour des racines, qui se retrouvent alors à nu. Dans cette situation, je travaille généralement autour de 10 km/h. » Autre contexte dans lequel l’agriculteur biologique se sert de la roto-étrille et lorsque les conditions le permettent : après le semis et avant la levée de la culture. Un passage « à l’aveugle », là aussi réalisé à 10 km/h et où il est possible de travailler « en plein » du fait que la culture ne soit pas encore levée. Probablement le passage le plus efficace selon Maxime Maillard car les adventices sont jeunes. Enfin, la troisième situation où intervient l’appareil, c’est lors du passage en culture. « Dans ce cas, il faut être vigilant et ne pas passer quand la culture est trop jeune, prévient-il. La roto-étrille étant assez agressive, elle endommagerait la plante. Il faut également faire attention à l’implantation afin de ne pas faire sortir la semence de terre si celle-ci est sur le dessus. L’idéal est d’attendre au moins le stade deux à trois feuilles. Par exemple, en blé, j’interviens à partir du stade deux feuilles. L’inconvénient, lors d’un semis trop tardif, est qu’il n’est pas possible de faire un premier passage à l’automne car la plante n’a pas atteint le stade minimal. » Durant les passages en culture, Maxime Maillard modère sa vitesse de travail. Il évolue dans une fourchette comprise entre 4 et 8 km/h

Une roto-étrille deux fois plus cher qu’une herse étrille

Sur l’exploitation de Maxime Maillard, la roto-étrille Einböck est utilisée aussi bien sur les cultures d’automne que de printemps (blé, triticale, orge de printemps, tournesol, sarrasin). Elle est emmenée par un Fendt 722 Vario de 222 ch. Cependant, un tracteur moins puissant conviendrait puisque le constructeur recommande un minimum de 100 ch pour un appareil de 12 m. La machine est assez lourde selon l’agriculteur et nécessite de mettre une masse sur l’avant du tracteur. « Parmi les inconvénients, à chaque fin de chantier, il y a une étoile à retirer à chaque extrémité entre la partie fixe et celle qui se replie. Sans cela, l’écart entre deux étant trop faible, elles s’accrochent lors du repliage/dépliage. Par ailleurs, il faut être vigilant en présence de ficelles car elles s’enroulent facilement autour des étoiles. Enfin, il y a le coup de la machine qui n’est pas négligeable. » Autour de 30 000 euros pour une roto-étrille de 12 m, cela représente en moyenne le double du prix d’une herse étrille de largeur équivalente. Maxime Maillard a toutefois pu bénéficier pour cet investissement d’une aide PCAE à hauteur de 40 %. À l’utilisation, il estime son coût de revient entre 25 à 30 euros/ha dans le cas d’une utilisation avec un tracteur d’environ 100 ch.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

La roto-étrille en guise d’outil de recouvrement pour du semis à la volée
Maxime Maillard a élargi le champ d’application de sa roto-étrille au-delà du simple désherbage mécanique. Il a en effet réalisé du semis à la volée de trèfle, luzerne mais aussi triticale et blé. Pour cela, il s’est équipé d’un distributeur d’engrais pneumatique Nodet DP 12. D’une largeur de travail de 12 m, il correspond parfaitement avec celle de la roto-étrille. Le Nodet DP 12 se retrouve ainsi attelé à l’avant du tracteur pour distribuer la semence au sol, tandis qu’à l’arrière, la Einböck Aerostar-Rotation recouvre les graines. « Avec la roto-étrille, je peux enterrer la semence superficiellement, à 1 cm de profondeur, détaille le jeune exploitant. Mon objectif avec cette technique de semis, est d’implanter la plupart de mes couverts. J’ai également semé des céréales de cette façon avec un résultat satisfaisant. »

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