Et s’il existait une alternative aux désherbages chimiques et mécaniques ? C’est ce que propose le groupe Zasso, avec l’ElectroHerb Cette solution de désherbage électrique assure une action racinaire. Des essais favorables ont été réalisés en 2017 pour démontrer l’efficacité de ce nouveau procédé. 

La machine est basée sur un circuit fermé et se compose d’un générateur et de deux rangées d’applicateurs fonctionnant comme deux pôles. Ils sont fabriqués en acier inoxydable flexible et conducteur pour entrer en contact avec les plantes et assurer le circuit électrique, explique Benjamin Ergas.

Si le couvert végétal est irrégulier, au moins un des applicateurs est conçu pour permettre un contact direct avec le sol, afin de s'assurer que le circuit électrique se referme en toute sécurité. Le deuxième applicateur peut être ajusté à hauteur variable, en fonction de la hauteur des plantes. Les supports isolants sont fabriqués en polymère ferme mais élastique. Les isolateurs empêchent l'électricité de s'écouler inutilement dans le sol qui est très conducteur, protègent les petites plantes censées rester en place contre tout contact accidentel, et suppriment les étincelles. Ces isolateurs protègent également les organismes du sol. 

 

Le groupe Zasso a mis au point un dispositif de désherbage électrique.

La largeur de la machine varie selon l’utilisation. Les applicateurs individuels et interchangeables ont une largeur de 5 à 40 cm et peuvent être combinés pour obtenir une plus grande largeur de travail. 

Des temps de contact compris entre 0,01s et 1s sont suffisants, en fonction de la taille de la plante. Les plantes plus grosses sont par définition en contact plus longtemps. Le tout est un compromis entre la vitesse d’avancement, le temps de contact et le type de plante.

Sur les chantiers la vitesse d’avancement varie entre 3 et 5 km/h. L’idéal est d’atteindre des vitesses de 6 à 10 km/h. Concernant la consommation en carburant, elle varie en fonction de la densité de la plante puisqu’elle demande plus d’énergie et plus de temps d’application. Un passage nécessite 5 à 20 l/ha de carburant, et dans les cas extrêmes avec des plantes de très grande taille jusqu'à 30 l/ha de carburant. Comme le sol n'est pas déplacé et que l'ElectroHerb agit sur les plantes, il n’y a normalement que 1 à 3 traitements par an, pas plus que pour la lutte chimique. 

L’ElectroHerb : bientôt dans nos champs ?

Le courant électrique fait éclater les vaisseaux des plantes et les dessèche.

Le système que propose Zasso n’est pas encore commercialisé. Actuellement il est en phase d’adaptation et de démonstration. En tout cas, le groupe suisse souhaite proposer rapidement une vraie alternative au désherbage chimique, dû à son action racinaire. L’entreprise veut développer sa machine avec des instituts tels que Arvalis, l’IFV ou l’Inra. Avant toute commercialisation, Zasso doit définir son offre pour s’aligner face au marché des machines et produits phytosanitaires. Pour répondre au plan Écophyto des subventions faciliteront l’investissement pour les agriculteurs.

Pour le moment il y a très peu d’alternatives au glyphosate. Une nouvelle solution chimique demande plus de 10 ans pour être mise en place et développé, explique Benjamin Ergas. 

Quid de la faune et la flore ? Le constructeur suisse se veut rassurant, « l’impact est très limité, aussi bien pour les vers de terre que tous les autres micro-organismes ». 

 

 

 

 

 

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