Ce mercredi 20 juin, le Sedima, syndicat des distributeurs du machinisme agricole et des espaces verts, organisait sa traditionnelle conférence de presse annuelle. Au menu du jour : point d’étape sur le marché des équipements du 1ersemestre 2018, focus sur une tendance actuelle: la location, et enfin les garanties du matériel. Un programme riche !

L’occasion repart… mais pas le neuf !

Et dès le début, le président du Sedima, Pierre Prim, pose le décor : « Alors que le climat économique des entreprises pour le 1ersemestre semblait s’annoncer plus favorable que 2017, les caprices de la météo conjugués aux incertitudes sur les retombées de la nouvelle loi agriculture et alimentation et la future PAC laissent présager une année encore très complexe du point de vue économique pour les distributeurs. » 

Si l’enquête conjoncture 2018 réalisé par le Sedima est plus positive dans l’ensemble, l’investissement en matériels neufs reste très timoré. En ce qui concerne l’immatriculation des tracteurs  entre Janvier et Mai 2018, le marché chute de 15% par rapport à l’an dernier, pour s’établir à 5566 immatriculations, contre 8961 sur la même période en 2016 ! Pour Pierre Prim, « il ne faut plus parler de simple crise passagère, nous observons un vrai changement de fond depuis 4 ans. Nos entreprises se sont bien adaptées à ce phénomène, en accompagnant les clients sur de la maintenance ou du service notamment. De son côté, le marché de l’occasion, au vu des très fortes augmentations de prix des matériels neufs constatées ces dernières années, se maintient bien et tire même l’activité commerciale vers le haut. » 

La location : fausse bonne idée ?

Pour faire face aux difficultés d’investissements des agriculteurs, les constructeurs ne cessent de mettre l’accent sur la location, preuve en est dans toutes les publicités dans les revues. Et là aussi, pour le président, cette piste n’est peut-être pas si bonne que ça : « C’est un fait, certains agriculteurs n’ont plus les mêmes capacités d’investissement qu’avant. Pourtant, pour gagner en compétitivité, ils se doivent de veiller sur leurs charges de mécanisations. A l’image de ce qui se fait en automobile par exemple, les constructeurs poussent très fort sur les offres de locations, en mettant notamment dans les revues spécialisées ou sur des salons des offres très alléchantes. Mais 65% des chefs d’entreprises qui ont répondus à notre enquête y sont pourtant opposés. Leur premier argument ? Les offres qui sont mises en avant ne correspondent pas du tout aux machines que nous utilisons sur le terrain. Lorsqu’un client nous sollicite pour une offre de location, en batteuse par exemple, le prix de la location n’a plus rien à voir avec le prix qui était affiché sur les publicités. Cela complexifie donc nos relations avec nos clients, qui crient à la publicité mensongère ! Et le 2ème argument concerne le prix d’utilisation de la machine, qui n’est pas tout le temps moins élevé qu’un prix de revient d’un achat classique. Cela se calcule au cas par cas. »

En cas de panne, qui est responsable ?

Enfin, le dernier point abordé lors de cette conférence concerne les notions de garanties du matériel. En cas de panne, il n’est pas rare que le constructeur se désolidarise du concessionnaire, et le client se retrouve donc sans solutions. « Pour avoir plus de transparence en cas de panne, nous avons préparé une charte qui a été soumise aux constructeurs, et qui devrait être signés prochainement, explique Pierre Prim. L’idée est de réussir à mettre sur le papier qui est responsable de quoi en cas de panne, mais également de réussir à mettre en relation plus rapidement le client, qui a son outil en panne, avec un technicien spécialisé sur la chaîne de montage où a été assemblé l’outil. Aujourd’hui, le client passe par le concessionnaire, qui passe par son contact à la filiale française, qui doit aller chercher l’information et la redescendre. Mais ce circuit ne fonctionne plus dans bon nombre de cas. De plus, nous vendons actuellement des tracteurs neufs qui possèdent plus de capteurs que la première fusée Apollo qui a été dans l’espace. La notion d’accompagnement du client, de formation et surtout de mise en route n’est donc plus anodine ! » 

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