Les 23 agriculteurs d’un GIEE situé dans le Périgord noir combinent depuis trois ans leur semoir de semis direct avec un rouleau hacheur en 3 m avec attelage sur relevage avant. Voici leur retour d’expériences.

Le GIEE des éleveurs des coteaux du Sarladais, qui regroupe 23 agriculteurs, s’est équipé en 2019 d’un rouleau hacheur de marque Bonnel en 3 m avec attelage sur relevage avant. L’un des adhérents, Adrien Constant, explique la genèse de ce choix : « Avant de nous lancer dans ces achats, nous avions fait des essais de semis direct avec des semoirs de Cuma du secteur. Certains avaient fait intervenir des ETA. Nous avions principalement fait des sursemis de prairies et luzernes, et n’avions aucun recul sur l’utilisation du rouleau hacheur. Nous nous sommes renseignés auprès d’utilisateurs et de constructeurs. »

Dans le cahier des charges lors de cet investissement, les adhérents recherchaient un outil polyvalent, permettant de détruire tous les types de couverts et pouvant s’atteler à l’avant du tracteur, afin de travailler simultanément avec le semoir pour limiter le nombre de passages.

Il est important, pour ces agriculteurs, que le semoir travaille dans le même sens du rouleau, afin d’éviter les bourrages dans les végétaux. Il faut également que le rouleau ne soit pas trop agressif et qu’il ne provoque que des blessures sur des couverts tels que les seigles ou avoines, afin d’éviter leur repousse.

© Yannick Secrestat

Les adhérents recherchaient notamment un rouleau pouvant s'atteler à l'avant du tracteur afin de travailler simultanément avec le semoir.

La préférence va au simple rouleau

Le choix s’est donc porté sur un simple rouleau, de marque Bonnel, un Ecorouleau de 3 m de large. Ils l’ont acquis au prix de 6 900 euros. Cet équipement dispose d’un bâti directionnel, d’un rouleau de 500 mm de diamètre avec des lames biseautées et boulonnées afin de faciliter leur remplacement. Son poids avoisine les 1 100 kg.

« Nous avions une proposition pour un Bonnel Ecorouleau à double rouleau, détaille Adrien Constant. Il nous a paru beaucoup trop agressif et pas adapté à nos critères. Il convient davantage pour de la destruction et du broyage de végétaux à vitesse élevée. »

Après trois années d’utilisation, cet équipement donne entière satisfaction, souligne Adrien Constant : « Ce rouleau est très polyvalent. Lors des semis de céréales, il favorise une très bonne destruction des couverts d’automne fortement développés (radis fourrager, moutarde, sorgho, tournesol, phacélie), ce qui facilite le passage du semoir et évite les bourrages entre les éléments semeurs. Lors des semis de maïs au printemps, dans des couverts d’avoine et féverole, il détruit efficacement les couverts en place et réalise une excellente répartition au sol. Ceci permet d’avoir un paillage efficace et de limiter le développement des adventices. »

© Yannick Secrestat

Le Bonnel Ecorouleau favorise une très bonne destruction des couverts d’automne fortement développés, ce qui facilite le passage du semoir et évite les bourrages entre les éléments semeurs.

« Des coûts de mécanisations très faibles »

Cet investissement s’est accompagné de l’achat de deux semoirs de semis direct de 3 m, de marque Gaspardo Diretta. La combinaison du rouleau hacheur avec ces semoirs permet aujourd’hui aux adhérents de limiter leurs charges d’implantations de céréales.

« Je sème environ 30 ha de céréales à pailles, avec des coûts de mécanisation très faibles, chiffre Adrien Constant. J’incorpore 120 kg d’engrais lors du semis grâce à la double cuve de notre semoir, afin de booster la levée. Mon Deutz-Fahr 6160 mène l’ensemble très facilement. Je travaille à une vitesse de 7 km/h ce qui permet de semer entre 1 et 1,5 ha/heure suivant la morphologie des parcelles, et pour une consommation de 10 l de GNR/h. »

Ces investissements offrent la possibilité aux adhérents du GIEE de s’approprier de plus en plus les techniques de semis direct sous couverts végétaux. Il en découle d’ailleurs une réflexion d’achat d’un second rouleau hacheur afin d’équiper l’autre semoir qui, jusque-là, réalisait principalement des sursemis de prairies et de luzerne.

Commentaires

  •  Tapiau Alain  ven, 06/01/2023 - 20:15

    Pourquoi vous ne cité jamais la CUMA qui a porté cet investissement ???

  •  François Lesparre  ven, 06/01/2023 - 20:38

    bonne remarque ! Surtout quand on connait la dynamique des cuma dans le Sarladais

Poster un commentaire

Produits à comparer