Le Sedima (Syndicat National Des Entreprises de Service et Distribution du Machinisme Agricole, d’Espaces Verts, et des Métiers Spécialisés) organisait cette semaine sa conférence de presse. Parmi les sujets abordés : la conjoncture de l’année et les perspectives au 1er semestre 2021, l’indice de satisfaction des concessionnaires envers leurs tractoristes, ainsi que les diverses actions du syndicat.

Conjoncture économique

Le Sedima a réalisé entre septembre et octobre 2020 une enquête de conjoncture auprès de ses adhérents. Concernant le machinisme agricole, il en ressort une progression de l’activité en dépit de la crise sanitaire au 1er semestre 2020. Malgré un recul en mars et avril, les prises de commandes de matériels neufs sont en croissance de l’ordre de 3 % et de 10 % pour l’occasion. Une évolution positive a été observée sur le chiffre d’affaires pièces au magasin ainsi que sur les prestations à l’atelier sur le 1er semestre (respectivement + 10 % et + 9 %). Pour le 2nd semestre 2020, la tendance est moins favorable. Le syndicat estime notamment autour de 5 % la baisse des prises de commandes de matériels neufs. Ce recul est imputable aux automoteurs et aux tracteurs. Même si on observe un ralentissement par rapport au 1er semestre, l’activité est stable à un an pour le matériel d’occasion et le chiffre d’affaires est toujours en progression de 4 % pour les pièces et de 2 % pour les prestations à l’atelier.

En revanche, les prises de commandes de neuf sont toujours orientées à la baisse pour la vitiviniculture mais également pour les entreprises spécialisées grandes cultures : plus de 60 % de ces distributeurs déclarent attendre une diminution de leurs prises de commandes de neuf sur le semestre en cours. Enfin, pour le 1er semestre 2021, il n’y a pas de retour à la croissance d’attendu pour les matériels neufs avec une baisse des commandes estimée à 5 %. Les distributeurs sont notamment inquiets de l’impact de la crise sanitaire qui se poursuit sur leurs principaux secteurs clients et du poids des mauvaises récoltes en grandes cultures.

Résultats ISC (Indice de satisfaction des concessionnaires envers leurs tractoristes)

Cette enquête positionne les constructeurs les uns par rapport aux autres, non pas sur leurs produits, mais sur la relation commerciale et humaine qu’ils entretiennent avec leur réseau. Le Sedima évoque un classement général qui n’est que très peu modifié par rapport à 2019, avec un bon degré de satisfaction pour les concessionnaires Fendt et Kubota. En revanche, les concessionnaires Same, Case IH, New Holland et Deutz n’obtiennent pas la moyenne de 10. Case IH enregistre cette année la plus forte baisse, suivi de New Holland, John Deere et Same. On note une nette amélioration pour Massey Ferguson, Fendt, Kubota et Claas. L’une des principales sources de mécontentement demeure la formation.

Actions du Sedima

Sur 2020, les recrutements se sont poursuivis pour 74 % des entreprises de l’activité matériel agricole. Les recrutements en alternance représentent plus ou moins la moitié des embauches. Le Sedima reste néanmoins mobilisé sur 2020 et 2021 pour promouvoir les métiers et les formations auprès de deux publics : les jeunes, mais aussi les salariés des sous-traitants de la maintenance aéronautique ou automobile, touchés par la crise de la Covid-19 et à la recherche d’une reconversion. Une campagne de communication est en cours avec de nouvelles vidéos diffusées sur YouTube et des spots sur RTL. Le club des jeunes du machinisme agricole (CJMA), destiné à former et à préparer des futurs dirigeants de concession, lance une nouvelle campagne de promotion et de recrutement sur les réseaux sociaux.

Le Sedima appelle également à la vigilance concernant les primes à la reconversion mises en place dans le cadre du plan de relance. Celles-ci sont bénéfiques pour l’investissement et l’accès des agriculteurs aux nouvelles technologies mais auront pour conséquence la baisse des prix des reprises des anciens pulvérisateurs. Il regrette de ne pas avoir été entendu sur la mise en place de subventions destinées à couvrir l’achat, les frais de montage de pose de kits et de formation des agriculteurs permettant d’équiper des matériels d’occasion récents, ce qui lui paraît une mesure économiquement rentable et écoresponsable pour les agriculteurs. Autre préoccupation, la poursuite des stratégies d’élargissement de gammes des full liners qui pèsent également sur les équilibres financiers des concessions et sur la qualité de l’offre proposée aux agriculteurs. Pour le syndicat, un même constructeur ne devrait pas pouvoir représenter plus de 70 % du chiffre d’affaires d’un distributeur. Cela permettrait de garantir aux clients une diversité et un renouvellement de l’offre produits sur les autres matériels que sa marque principale s’ils correspondent plus au besoin du client.  

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