Face à la crise du Covid-19, la filière des agroéquipements n’est bien sûr pas épargnée. Nous avons joint par téléphone Nicolas Pommier, dirigeant de la société éponyme, spécialisée dans la fabrication de rampes de pulvérisateurs en aluminium.

Quel est l’impact du Covid-19 sur votre activité ?

Nicolas Pommier: Pour le moment, nous sommes toujours ouverts mais nous ne savons pas jusqu’à quand. Certains de nos clients constructeurs de pulvérisateurs ont fermé, comme le groupe Exel ou Kuhn, pour d’autres, nous attendons les réponses au jour le jour. Si à cela s’ajoute AGCO et Arland, ce sera alors l’essentiel de notre activité qui sera à l’arrêt. Jusqu’à présent, nous arrivons encore à faire des containers et à expédier des rampes. Vendredi dernier, nous en avons fait un pour l’Australie, demain, un autre est validé pour les USA et la semaine dernière, ce sont encore deux semi-remorques qui ont pris la direction de l’Allemagne pour AGCO. Cette semaine, nous avons un semi-remorque prévu pour AGCO et un autre pour Arland. On arrive toujours à se débrouiller et à trouver du monde pour bosser. Par contre, pour le personnel en charge du SAV et qui se rend sur le terrain, c’est compliqué. Ils sont obligés de limiter leurs déplacements dans un rayon de 150-200 km, afin de pouvoir rentrer le soir car il n’y a plus d’hôtels ou de restaurants ouverts. Pour la partie matériel, avec Duro-France, nous disposons de notre propre camion pour les livraisons. Et puis nous travaillons directement avec les agriculteurs, c’est plus simple. Par exemple, un exploitant ne trouvant pas de transporteur est venu directement du Calvados en tracteur pour récupérer son strip-till.   

Qu’en est-il de l’approvisionnement en matières premières ?

N.P: Nous commençons à avoir du mal à nous approvisionner en aluminium puisque la majorité de nos fournisseurs ont fermé. Nous travaillons tant que nous pouvons. Je sais qu’Arland peut encore tourner toute la semaine prochaine mais, selon moi, tous les constructeurs de pulvérisateurs vont être obligés de s’arrêter puisqu’une grande majorité des composants vient d’Italie.  

Comment vous organisez-vous vis-à-vis des salariés ?

N.P: Comme nous avions des bureaux libres, le personnel dans les bureaux d’études a pu être réparti afin de disposer chacun d’une pièce séparée. Les gens se changent chez eux et arrivent directement en cotte. Nous faisons commencer certains collaborateurs plus tôt le matin, afin qu’ils partent avant midi dans le but de limiter les personnes présentes dans le réfectoire. Ensuite, tout le monde a des gants et du gel hydroalcoolique et je veille à ce que chacun garde ses distances par rapport aux autres. Il y a également une personne qui désinfecte les poignées quotidiennement.

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