Bien connues dans le monde du TP notamment, les centrales d’achats fonctionnant par appel d’offres directement auprès des constructeurs peinent à se faire une place en agricole pour le moment. Si en 2018, une tentative d’achats groupés d’ensileuse avait eu lieu, celle-ci n’avait pas abouti, et avait fait couler beaucoup d’encre dans le milieu. À l’époque déjà, cette tentative était pilotée par le réseau Cuma. Face à ce constat, les dirigeants n’ont pas voulu baisser les bras, persuadés que l’achat groupé allait tôt ou tard faire partie du paysage agricole, et surtout que c’était sûrement un moyen de mettre un frein à l’augmentation constante et régulière que l’on peut observer sur le matériel agricole depuis de nombreuses années. 

En effet, face à la hausse des prix annuelle des équipements agricoles de 3 à 5 %, « les fédérations de Cuma ont décidé de créer une centrale d’achat de matériels agricoles », déclare Yves Mary Houdmon, président de CamaCuma et agriculteur en Maine-et-Loire qui ajoute que « l’objectif de CamaCuma est de proposer aux Cuma du matériel agricole de qualité à un prix réduit de 25 %. »

La SAS CamaCuma est la première centrale d’achats groupés de matériels dans le secteur agricole créée en septembre 2020. Le processus est simple : CamaCuma utilise les données de comptabilités (investissement, prix et rapidité de renouvellement des matériels agricoles) de 80% des Cuma, qui permettent de déterminer leurs besoins spécifiques en matériels agricoles. En interne, des groupes techniques traduisent ce besoin en appels d’offres auprès des constructeurs, recherchant le meilleur prix pour le standard attendu et en privilégiant si possible les marques françaises.

Mais attention, les services proposés par la CamaCuma sont accessibles uniquement si la Cuma adhère à sa fédération de proximité, qui elle-même adhère à CamaCuma. La cotisation pour les fédérations départementales coûte 30€ par Cuma présente sur son territoire. Soit 6000€ par an pour un département qui possède 200 Cuma.

Deux offres sont proposées par CamaCuma :

- L’achat-revente pour des matériels simples : peu technologique, nécessite peu de service après-vente (SAV) et une longue durée de rétention. C’est le cas des plateaux par exemple, avec 2 modèles disponibles de 10 et 12m, à 1200 euros/mètres. 

- Location de longue durée avec services de matériels complexes : pour les matériels plus technologiques, souvent automoteurs, où le SAV est primordial et avec une courte durée de détention. 

Pour cette seconde option, CamaCuma a déjà acheté 130 télescopiques Bobcat, avec une capacité de 3,8 tonnes et 7m, qui correspondent au besoin moyen des Cuma françaises. À l’heure actuelle, déjà 25% des télescopiques ont été loués à des Cuma. Côté coût, une Cuma qui s’engagerait sur 60 mois de location avec 1000 heures de travail par an atteindrait un coût de location de 12,7€/h. En effet, la location est basée sur un volume d’heures d’utilisation sur une période 36 à 60 mois. Elle comprend l’entretien et la garantie par le réseau de la marque mais aussi l’assurance, le coût des pneumatiques et la vérification générale périodique (VGP).

« La Cuma peut ajuster ses heures de location en fonction de ses besoins sachant que les heures supplémentaires ne sont pas majorées, explique Yves-Mary Houdmon. L’engagement de location peut être modulé chaque année afin de faciliter la création d’activité. »

Fort de ce premier succès, CamaCuma va élargir sa gamme de matériels avec 3 nouveaux appels d’offres au cours du premier semestre 2021.

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