Lors de sa dernière conférence de presse, l’Axema a fait le point sur la conjoncture du marché des agroéquipements. Suite à une année 2021 qualifiée de "record", le début 2022 semble très nuancé.

Sur cette première partie de l’année, les ventes en valeur sont toujours en hausse mais cette croissance s’explique principalement par l’inflation des prix des agroéquipements. La production est en hausse de 6 % au premier trimestre, avec un ralentissement perceptible de mois en mois. Les importations, elles, progressent de 12,5 %. Enfin, les exportations sont en légère croissance (+ 3 %). Ce qui donne un marché à + 13 % au premier trimestre.

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En volume, la situation est contrastée selon les familles de produits. Le premier trimestre a été bon dans le matériel de récolte, les tracteurs et la protection des cultures, mais il a été mauvais pour les chargeurs télescopiques ou le matériel de fenaison.

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Le syndicat indique que le marché est incontestablement moins porteur que l’année dernière, et qu’il a connu un vrai coup de frein en mars. Pour exemple, France Agrimer souligne que seulement 60 % du plan de relance sur la modernisation des agroéquipements et la réduction des intrants, avait été effectivement décaissé, alors que les engagements portaient sur 100 % de l’enveloppe. Ce qui laisse supposer que des projets d’investissements ont été abandonnés.

En parallèle, le baromètre d’Entraid, montre que les intentions d’investissements dans les Cuma et les exploitations agricoles sont au plus bas depuis 2016.

Les entreprises membres de l’Axema se montrent très inquiètes sur l’évolution de leurs marges. 71 % d’entre-elles constatent une dégradation de leurs résultats. En cause, l’augmentation du prix des matières premières et des coûts de production qui ont bondi d’environ 20 % en un an.

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L’augmentation des prix (entre 20 % et 30 % depuis le 1er janvier 2021) pose la question de l’acceptabilité de prix aussi élevés. Pour certains matériels, des seuils psychologiques ont été franchis. Par ailleurs, les délais de livraison ont été augmentés en moyenne de onze semaines par rapport à la situation normale. Ils culminent à 19 semaines et jusqu’à 30 semaines pour les tracteurs.

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Selon les conclusions du syndicat français des acteurs industriels de la filière des agroéquipements et de l’agroenvironnement, le marché devrait croître de 5 à 15 % en 2022. Cette croissance s'expliquera uniquement par la hausse des prix. Habituellement, croissance signifie hausse des marges et des résultats, ce qui ne sera pas le cas cette année.

À ce stade, les prévisions pour 2023 sont impossibles. L’Axema s’attend toutefois à un retournement de tendance sur un marché qui est traditionnellement cyclique.

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