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Le spécialiste russe tourne la page

Russie
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 ROSTSELMASH RSM 161 
Depuis la chute de l’Unions Soviétique en 1991, Rostselmash entreprend l’un des plans de développement les plus ambitieux de son histoire. Profitant de la réputation de Versatile dans le monde, le cinquième fabricant de moissonneuses batteuses repart à la conquête du monde.

Jusqu'en 1991, la Russie comptait 45 % de sovkhozes et 55 % de kolkhozes, des coopératives et fermes d’État où terres, outils et bétail étaient mis en commun. Des clients peu exigeants en matière de style et d’ergonomie de conduite, compte tenu des impératifs de production.

Pour tout fabricant de machines agricoles commandité par l’État, il fallait produire vite, plus et pas cher. Point barre. Nul question de gaspiller son temps sur un sujet aussi futile que le design de machines qui, finalement, iront barboter dans la boue. Une vision assez sommaire mais tout à fait réaliste dans un contexte où la production reste insuffisante pour nourrir la population.

Les vraies priorités

Et si cela pouvait changer ? La chute de l’empire soviétique, qui jusqu’alors était en totale autarcie a conduit à la perte de nombreux constructeurs, incapables d’égaler ces nouveaux envahisseurs venus d’Europe et d’Amérique du Nord. Dans cet ancien bloc soviétique, les disparités sont énormes. D’anciennes fermes d’État, dont la surface moyenne était de 15300 hectares ont conservé leur parcellaire. Face à elles subsistent des petites exploitations appartenant à des familles à qui on avait toléré la propriété de lopins de terres lorsqu’ils étaient encore employés dans les sovkhozes. Ils faut équiper les uns et les autres compte tenu de leur situation. Si les plus riches se sont tous tournés vers du matériel moderne d’importation américaine ou européenne, les plus petites structures, s’ils ont les moyens de s’acheter un tracteur restent fidèles à une mécanique locale plus abordable. C’est ainsi que les fabricants de tracteurs et de matériels de récolte de l’ancien bloc soviétique ont du mal à suivre la montée en puissance et le niveau de sophistication de nos contemporains, déjà par faute de moyens, mais également à cause d’un certain déficit d’image auprès de clients peu à peu habitués au confort et à l’efficience de machines modernes.

Dans le lot, Rostselmash tente de prouver le contraire. Le fabricant de moissonneuses batteuses veut profiter de l’aura du canadien Versatile, qu’il a racheté en 2007 pour se faire une place sous les projecteurs au delà de son propre marché. Mais il faut d’abord se débarrasser d’une image, celle qui est liée à l’histoire communiste.

Ordonnées par Staline dans les années 1955, les « Stalinets » SK3 et SK4 donneront naissance en 1973 à la SK Niva, alors que la millionième moissonneuse (depuis 1931) vient d’être produite. Une dizaine d’années plus tard naît un autre modèle à succès, la DON (en rapport avec la rivière Don qui traverse la ville de Rostov). Un cycle de renouvellement s’était pourtant instauré chez ce fabricant, mais la chute le l'URSS a anéanti toutes ambitions. Rostselmash avait jusqu’alors le quasi-monopole. Il a fallu attendre le milieu des années 2000 pour voir apparaitre quelques bribes d’évolutions, avec la première axiale à contre-batteur rotatif, la Vector, mais aussi de nettes évolutions en matière de style extérieur, et une cabine d’aspect plus moderne. Rostselmash allait à son tour s’ouvrir vers l’extérieur.
Rostselmash Niva Effect
Rostselmash Niva Effect avec système de récupération des menues pailles
Rostselmash Don 1500
Belarus DON 1500 sous licence Rostselmash (France)

Mamie fait de la résistance

La DON s’est fait timidement connaître en France par AVTO Belarus dans les années 1980-1990 et a été exportée à quelques exemplaires en Amérique du Nord. Mais c’est en Europe de l’Est qu’elle s’est fait le plus connaître. Après plus de 30 années d’activité, ce best-seller a récemment fait valoir ses droits à la retraite. Ce n’est pourtant pas le cas de son ancêtre, la Niva, qui de son côté résiste tant qu’elle peut. Déjà 40 ans de carrière ! Imaginez, c’est comme si New Holland continuait à produire sa Clayson 1500 ou Claas sa Dominator 100. Les plus jeunes ne les ont même pas connues.

Mais ce dinosaure est en voie d’extinction. Rostselmash veut tourner la page d’ici ces dix prochaines années en dévoilant pas moins de 10 nouveautés. La première a été dévoilée au début du mois lors d’AgroSalon à Moscou. Sous son nom barbare, la RSM 161 résulte d’une remise en question totale du style et des capacités de récolte. Lignes aiguisées, silhouette dynamique et une cabine qui inspire la modernité. Enfin ! Rostselmash ne mise pas seulement sur son marché local, mais veut stimuler ses ventes en Amérique du Nord, où ses machines sont vendues aux couleurs Versatile.
Rostselmash RSM 161

Une conventionnelle gonflée à bloc

Exit la motorisation Yamz, reléguée à la préhistoire, Rostselmash voit son succès mondialement et a donc fait le choix d’une mécanique connue. Le 6 cylindres Cummins QSL8.9 délivre 360 chevaux et est associé à une transmission hydrostatique. La RSM161 veut s’imposer dans les exploitations les plus grandes et doit battre 2000 hectares lors de chaque récolte, à une cadence de 45 tonnes par heure selon les responsables de la marque ! Un pari audacieux pour une machine qui persiste dans une conception conventionnelle à 6 secoueurs. Pour atteindre ce niveau de débit, elle dispose d’un ensemble de battage baptisé Tetra. Il est constitué d’un accélérateur de flux, suivi d’un gros batteur de 800 mm de diamètre et d’une largeur de 1,65 m, puis d’un contre-batteur doté d’un grand angle de contact. Comme particularité, la RSM dispose d’un tambour inversé qui conduit la récolte vers un séparateur tangentiel à doigts qui n’est pas sans rappeler d’ailleurs le principe de la John Deere série T. Ensuite, un tire-paille canalise la récolte vers les 6 secoueurs. La surface de séparation totale atteint 9,4 m². Enfin, le caisson de nettoyage Optiflow dispose d’une surface totale des grilles de 7,4 m². Avec la possibilité de lui associer une coupe de 6, 7 ou 9 mètres Power Stream, cette nouvelle RSM 161 s’affiche donc comme une redoutable concurrente aux machines conventionnelles produites en Europe.   

Elle reçoit une trémie de 10.500 litres, quatre roues motrices et peut circuler à 40 km/h. Mais ce qui va radicalement changer les habitudes des aficionados de la marque, c’est l’univers en cabine. La Luxury Cab arbore un design moderne, avec une console multifonctions associées au terminal couleurs Adviser III. Jusqu’à 16 phares de travail permettent de travailler de nuit. Cette nouvelle moissonneuse batteuse veut donc faire table rase sur le passé en utilisant des technologies modernes qui ont fait leurs preuves.


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