Avec son gabarit d’ensileuse, un seul relevage trois points et une transmission de type CVT, le Mali GT420 peut faire le travail d’une ensileuse et d’un tracteur, un véritable couteau suisse qui se veut plus rentable avec une plage d’utilisation étalée tout au long de l’année.
Nous l’annoncions en 2007, le développement de ce concept devait voir le jour en 2010 dans les ateliers de Mali à Schönebeck, dans le nord-est de l’Allemagne. Les promesses sont tenues, l’appareil est prêt à être commercialisé. Il faisait ses premiers tours de roues à l’automne dernier, armé de la nouvelle unité d’ensilage portée LH II développée par Lacotec, associé à ce projet d’envergure.
Pour les amateurs d’engins atypiques, Mali est connu comme l’un des derniers artisans allemands à avoir osé produire un engin de forte puissance dans les années 90. Avec son Litrac, un tracteur produit pour les anciens clients de Schlüter, alors disparu du circuit, les ventes se sont limitées à quelques exemplaires. De cette expérience, la société s’est donc penchée sur des modèles plus petits et a élaboré des transmissions pour le BTP et l’agriculture.
Aujourd’hui, la firme revient sur le devant de la scène avec un concept de porte-outils polyvalent, une centrale d’énergie mobile propulsée par un moteur Caterpillar C13 de 420 chevaux. Celui-ci bénéficie d’une transmission maison à variation continue, la même qui est aujourd’hui greffée aux tracteurs articulés Kirovets K9000. Ses possibilités de combinaison sont multiples, du fauchage grande largeur au broyage forestier ou pour la confection de biomasse végétale, cet appareil peut être adapté aux besoins des collectivités, aux entrepreneurs et aux agriculteurs. Avec sa cabine avancée, Lacotec pense pouvoir combiner cet engin à son nouveau « cracker » et à une tête de récolte de type Kemper. Le LH II de Lacotec est réglable en continu et permet d’assurer un conditionnement léger à agressif des grains de maïs.
Et la concurrence ?
En 1980, l’autrichien Steyr lança pour la première fois un tracteur à poste de conduite réversible et cabine avancée, capable de travailler dans les deux sens de marche. Après plusieurs générations, la production Powertrac fut confiée à l’allemand Doppstadt qui aujourd’hui, semble être le concurrent direct de Mali. De conception et de motorisation similaire au GT420, les Grizzly DT 38 et DT 52 affichent une puissance respective de 385 et 520 chevaux et disposent d’une transmission hydrostatique.
Au Bélarus, Gomselmash dispose d’un concept proche mais doté de deux relevages. Et en Italie, le spécialiste du matériel de fenaison Roc présentait au début des années 2000 un engin de 350 chevaux aussi polyvalent qu’esthétique. Sa particularité étant d’avoir une cabine tournante.