Dans la grande famille des moissonneuses batteuses non conventionnelles, il existe une multitude de concepts qui, malgré leur technicité évoluée n’ont pas toujours connu leur heure de gloire. Ce fut le cas des Laverda MX 240 et MX 300, des machines compactes et modulaires qui disposaient d’une conception unique, récompensée dès leur présentation au SIMA de 1986 par une médaille d’or.
Après avoir souffert d’une fiabilité aléatoire et de capacités hydrauliques limitées, le nombre de Laverda MX en activité s’est finalement réduit à sa plus simple expression. Celle que nous vous présentons dans cet article récoltait pour sa vingtième campagne de l’épeautre biologique.
Pour un grain plus propre
Situé à l’avant de la machine, le groupe batteur-séparateur favorisait une alimentation tangentielle du batteur rapide et homogène, pour un traitement et un nettoyage du grain plus efficace.
Le battage se produit une fois la récolte acheminée sur le contre-batteur intégré dans la grille cylindrique qui enveloppe le cylindre batteur-séparateur. La séparation centrifuge commence ensuite dans la section de battage du cylindre pour être complétée dans la section de séparation proprement dite, à travers les mailles de 2,5 cm de la grille cylindrique.
La translation de la paille vers l’extrémité de la section séparatrice est la conséquence de l’effet centrifuge et de l’action des nervures hélicoïdales disposées à l’intérieur de la grille cylindrique. La paille est ensuite expulsée dans une vis sans fin pour être placée en andain à l’extérieur de la roue avant gauche. Ceci offre la possibilité d’effectuer des andains doublés pour réduire le nombre de passages nécessaires pour la récolte de la paille.
Une fois débarrassé de la paille, le grain séparé est collecté par une vis sans fin transversale pour être acheminé vers un élévateur à palettes. Le grain venant de l’élévateur à vis tombe sur deux vis sans fin transversales tournant en sens contraire. Il est distribué de façon homogène sur toute la largeur du rouleau lanceur, lequel à son tour le projette contre un flux d’air produit par un ventilateur transversal jusqu’au plan préparateur des cribles.
Le produit nettoyé est transporté dans la trémie de 9000 litres par une vis sans fin transversale et un élévateur à palettes. Les ôtons sont également convoyés par un élévateur à palettes qui les amène au batteur à ôtons duquel ils sont déchargés par l’effet centrifuge sur une des vis contre-rotatives et renvoyés ensuite aux cribles.
Une technologie d’avant-garde
A la fin des années 1980, le vaisseau-amiral de la gamme récolte de Laverda offrait un niveau d’équipement moderne qui se caractérisait par l’adoption de commandes électro-hydrauliques, simplifiant ainsi l’utilisation et le contrôle des opérations. Dotée d’une cabine montée sur silent-blocs en caoutchouc, d’une climatisation et d’un siège « Super-confort » associé à une colonne de direction réglable, la MX n’avait rien à envier à la concurrence de l’époque. Le conducteur disposait à portée de main d’un satellite comprenant tous les contrôles fonctionnels, les voyants et alarmes ainsi que les commandes électro-hydrauliques.
Point de vue motorisation, les Laverda MX sont dotées d’un moteur FIAT-Iveco 8210-l de 13,7 litres de cylindrée, offrant 240 ch pour la MX240 et 300 ch grâce à un turbocompresseur sur la MX300. Face à la plus grosse conventionnelle de la firme, la Laverda 3890 de 200 ch, la puissance paraissait bien importante. L’entrainement hydraulique des organes, la capacité de relevage de la coupe couplé au proéminent « batteur-séparateur » ainsi que la transmission hydrostatique à 4 vitesses avant et arrière expliquent pourquoi une machine aussi compacte nécessite autant de chevaux. Et il n’en faudra pas moins pour entrainer une machine dotée d’une coupe de 6m60 avec broyeur ou d’un cueilleur à maïs de 8 rangs avec broyeur de tiges.
Les caractéristiques des Laverda MX 240 et MX 300 :
- Dimensions du batteur-séparateur : diamètre 65 cm / largeur 104 cm
- Entraînement du batteur-séparateur : moteur hydraulique à régulation de régime électronique
- Vitesse du batteur-séparateur : 150 à 1075 tr/min
- Contre-battes : 8
- Surface du contre-batteur : 0,38 m²
- Angle d’enveloppement : 60°
- Séparateur rotatif entraîné par batteur : à 4 pales
- Surface totale de séparation : 5,381 m²
- Nettoyage à deux niveaux : par rouleau lanceur + flux d’air
- Surface totale de nettoyage : 5,58 m²
- Trémie : 9000 litres
- Moteur : 6 cylindres Fiat Iveco 13798 cm3 de 240 ch à 2200 tr/min (MX240) et turbocompressé de 300ch à 1900 tr/min (MX300)
- Transmission : hydrostatique
- Vitesses : 4 AV / A AR
- Barres de coupe : 4,80 – 5,40 – 6,00 – 6,60 m
- Régime des rabatteurs : électro hydraulique de 13 à 60 tr/min
- Cueilleurs à maïs : 6 / 8 rangs à écartement de 75 ou 80 cm
- Broyeur de paille : de série sur MX300 (Laverda – hydraulique)